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Le portrait de la semaine

Agnès Timbre-Saunière. La directrice générale de Celso a su s’imposer par un management de proximité et un engagement indéfectible auprès de l’entreprise familiale comme de l’écosystème tarn-et-garonnais.

Femme de tête

Comment qualifier Agnès Timbre-Saunière…? Femme de pouvoir, femme d’affaires… Les qualificatifs ne manquent pas, tout comme les jalousies que la Montalbanaise suscite et attise par sa réussite à la tête de la société industrielle familiale Celso. Car Agnès Timbre-Saunière, à la tête de l’entreprise de transformation de mousses techniques basée à Bressols depuis plus de 25 ans, interroge et fascine à la fois. Alors que les rumeurs qui la voient prochainement à la tête de la Chambre de commerce et d’industrie de Tarn-et-Garonne vont bon train, y compris dans son cercle familial, elle les balaie et dément sans coup férir, elle qui pense déjà à se retirer progressivement des affaires. « Concernant la CCI, j’avais deux mandats : j’achève le second et après, terminé. À 55 ans, j’aimerais me retirer de l’opérationnel et mon fils aimerait prendre ma suite.

Moi, je me consacrerai à ce que j’aime: créer et imaginer », dévoile-t-elle. Enfant, elle courait déjà parmi les cartons de mousse de l’entreprise. « J’ai appris à marcher dans l’usine, j’ai quasiment grandi ici », se remémore-telle. On comprend mieux l’attachement, presque génétique, de cette femme pour cette entreprise. « Je ne me suis jamais réellement posé la question de mon avenir. Un temps, j’ai imaginé devenir médecin pour des raisons familiales. Mais bon… Puis j’ai passé un bac scientifique, suivi une formation d’ingénieur… », poursuitelle. La route était toute tracée. Presque cependant. « Il a fallu faire mon trou… Je suis une femme dans un monde d’hommes et je suis la fille de… Il a fallu prouver. Je sais me servir de chaque machine que l’on a dans l’usine, assure-t-elle. L’exemple doit venir du haut. »

Ambition

Inutile de mettre en doute sa parole, elle qui se rend tous les jours dans l’atelier de fabrication et dans le bureau d’études, qui connaît chacun des salariés de Celso. « Cela peut paraître dépassé mais, tous les mois, je vais dans l’atelier et je remets personnellement à chacun son bulletin de salaire. Cela peut paraître anodin mais c’est le moyen d’avoir un contact avec les salariés.

J’y tiens. Il y a d’autres occasions naturellement ; par exemple quand Celso est primé, je vais leur montrer la récompense en premier. Je n’hésiterai jamais à mettre à leur service mes connaissances ou mon réseau », commente- t-elle. Agnès Timbre-Saunière, qui ne cache pas une forme de paternalisme au féminin – « Je suis maternelle avec eux. C’est normal » –, sait aussi être une redoutable (et redoutée) femme d’affaires. « J’aime le pouvoir et j’ai toujours eu de l’ambition. Pas celle qui raie le parquet mais celle qui fait avancer. Dans un univers masculin, je suis souvent la seule femme. Eux me voient comme un chef d’entreprise. Ils oublient la femme et je m’entends très bien avec eux. Ce qui ne m’empêche pas d’avoir de bons contacts avec mes homologues femmes, avec qui je suis en parallèle très dure. Je suis assez opposée au principe qui veut qu’imposer une femme doive se faire via une loi. C’est une question de volonté et d’envie », poursuit-elle. Euphémisme que de dire qu’Agnès Timbre-Saunière a de l’ambition… Mais le rappeler permet de mieux cerner le personnage, son parcours et ses envies. « Je suis rentrée dans l’univers Celso en 1990. J’ai créé une société, ATS, qui travaillait sur les matériaux. Je suis passée par toutes les étapes de la société : le bureau d’études, les achats, la qualité… Mais ma passion, c’était de créer et imaginer. Je n’avais aucun goût pour la récurrence des tâches qu’impose la gestion d’une entité, il me fallait sans cesse créer. Lorsque j’ai repris la société en 2006, je crois que j’étais prête », analyse- t-elle.

Charismatique

  • 1965
    Naissance à Montauban
  • 1983
    Bac Cau lycée Michelet de Montauban
  • 1983-1987
    Préparation en école d’ingénieur à Toulouse
  • 1987-1990
    Diplôme d’ingénieur en sciences et matériaux à l’Institut Galilée
  • 1990-1991
    Master en management à l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Lyon
  • 1991-2000
    Création d’ATS dont elle prend la gérance
  • 2000-2006
    Directrice générale adjointe de JSO (groupe familial)
  • 2001
    Formation métier dirigeant à la CCI de Tarn-et-Garonne
  • 2006
    Directrice générale de Celso

De ces longues années d’apprentissage au sein de la société familiale qui ont affiné la croyance que la transmission du savoir est essentielle, elle a certes appris le fonctionnement de l’entreprise mais a aussi gagné le respect de ceux qui la côtoient. D’aucuns la qualifient ainsi de fédératrice, voire de charismatique. « Disons que j’ai toujours eu une âme de leader. Enfant, on me suivait. Je pense honnêtement qu’ici, certains me suivraient ailleurs », concède-t-elle.

Si certains l’accusent de fausse modestie, elle répond simplement qu’elle appartient à une génération qui respecte ses engagements. « Je suis une femme de parole », assène-t-elle. Le ton détonne dans un monde où le politiquement correct a pris le pas sur la sincérité des sentiments. « Quand je fais mes courses, je suis madame tout-le-monde », dit-elle simplement. On pourrait, par cette liberté de ton, par cette réussite, croire qu’Agnès Timbre-Saunière est isolée par le pouvoir, seule dans son bureau aux lignes épurées, mais qui se révèle être une véritable auberge espagnole. « Rentre qui veut, ma porte n’est pas fermée. Par exemple, quand une salariée est enceinte, elle vient m’en parler à moi en premier. Si j’étais un homme, je pense que ce serait différent. Il n’y a pas de barrières ici », aime-t-elle rappeler. Patron moderne ou patron à l’ancienne ? On ne sait pas trop finalement…

Voilà pourquoi Agnès Timbre-Saunière ne cesse d’interroger. Elle semble n’en avoir cure, préférant encore largement se soucier de l’avenir de Celso dont elle est devenue indissociable. D’ailleurs, qu’aurait-elle été si Celso n’avait pas existé, si l’entreprise familiale ne lui avait pas donné l’opportunité d’exprimer son savoir-faire et de se réaliser ? « Aujourd’hui, à 50 ans ? Pourquoi pas architecte ? Ce n’est pas un regret, pas du tout. Mais c’est un métier complet », estime-telle. Encore de la création…

Olivier Longhi