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Le portrait de la semaine

Béatrice Bourgery. Agronome écologue de formation, la Marnaise a travaillé chez IBM pendant dix ans avant de créer son entreprise, spécialisée dans la réalisation à distance d’études paysagères écologiques.

Sa fibre écologique fait des jardins de rêve

Un jardin bien conçu doit pouvoir se passer des interventions de son propriétaire » : voilà bientôt neuf ans que Béatrice Bourgery a créé le concept Jardin Rêve, un bureau d’études d’éco-paysagisme en ligne. Depuis, elle propose aux particuliers et aux professionnels des plans d’aménagement de jardin, terrasse, massif ou parc avec une dimension écologique directement intégrée.

« J’ai toujours voulu travailler dans le végétal », souligne-t-elle. Avec en poche un Bac D, elle s’oriente en 1991 vers une formation d’agronome écologue botaniste à l’université d’Angers. Elle y acquerra une connaissance parfaite des plantes et de leur environnement. Et fera sienne toute une terminologie, allant de la pédologie à la biophysique ou autres entomologie, écologie, botanique,…, mycologie et climatologie. Sa maîtrise lui permettra d’être embauchée comme responsable de production en pépinière à Orléans. « Je m’occupais du suivi et de la gestion de la production végétale de vivaces. Et j’intervenais également sur des pépinières d’arbustes, d’arbres et de graminées », explique Béatrice Bourgery.

Suite à des difficultés rencontrées par cette entreprise, elle sera cependant amenée à consulter les offres d’emploi et … à changer de branche : « Nous étions à la veille de l’an 2000 et IBM cherchait des scientifiques. Comme j’ai toujours eu une appétence naturelle pour l’informatique, j’ai répondu à une annonce. Et j’ai été embauchée. J’ai reçu une formation de six mois, avant de me voir confier des projets à mener. Puis, je suis montée en grade et devenue chef de projet », fait-elle valoir.

Travailler à l’international lui permettra en outre de pratiquer l’anglais et devenir bilingue. Elle restera chez IBM Global Services une dizaine d’années, le temps d’apprendre à bien maîtriser l’outil informatique, mais pas seulement. « Ce poste m’a donné de l’autonomie et demandait beaucoup de rigueur dans le travail, dans le rendu et dans le suivi. Cela allait me servir par la suite », explique-t-elle.

Arrivée à Reims

C’est à la faveur d’une mutation professionnelle de son mari, que le couple s’installe à Reims. En 2006, la naissance de Camille et Julie, leurs jumelles, avait déjà « remis [leur] vie en perspective ». « J’avais l’impression de ne servir à rien au niveau de la société. Et le domaine végétal me manquait », se souvient Béatrice. Elle profite d’un congé parental de trois ans pour faire le point. C’est en faisant le bilan de ses compétences dans les domaines du végétal et de l’informatique, que germe son idée de création d’entreprise : « Tout naturellement, l’idée de créer ce concept s’est imposée de manière logique. Je savais que le travail à distance était possible puisque chez IBM les équipes avec lesquelles je travaillais étaient basées partout dans le monde », observe la Marnaise. Sur le plan technique, elle s’appuie sur des données en accès libre, telles que le recensement de la flore indigène par département. Avant de compléter sa formation dans le domaine végétal sur tout ce qui a trait aux techniques paysagères. « L’étape la plus importante a consisté à donner confiance aux clients. D’où l’importance du site internet », insiste-t-elle.

Création de Jardin de Rêve

En 2009, elle crée ainsi son autoentreprise Jardin Rêve, spécialisée dans la réalisation à distance d’études paysagères écologiques. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, « ceux qui sont mordus d’écologie et veulent un jardin en accord avec leur choix de vie » ne constituent pas la majorité de sa clientèle de particuliers. « Le plus souvent, c’est le jardin de tout le monde, de ceux qui commencent à se poser des questions écologiques » qu’elle a à étudier. « Et même si au départ, les gens ne voient pas forcément l’aspect écologique, ils comprennent que si l’on prend le bon végétal, il n’a pas besoin de la main de l’homme. Le jardin devient ainsi accessible à tout le monde, même à ceux qui n’ont pas le temps de s’en occuper », sourit a fondatrice de Jardin Rêve, fière de contribuer à son échelle à la sauvegarde de l’environnement.

  • 1973
    Naissance à Créteil, dans le Val de Marne, le 1er novembre. 
  • 1995
    Maîtrise bio-physiologie végétale, agronomie, botanique et écologie à l’Université d’Angers. 
  • 1998-2009
    Chef de projet chez IBM Global Services. 
  • 2009
    Création de son entreprise Jardin Rêve. 
  • 2018
    Lauréate du prix Audace 2018, le 27 juin.

Choisir les plantes en fonction du sol, de leur taille finale, avec une approche design et de façon à ce qu’elles n’aient pas besoin d’être arrosées, voilà le concept. Jardins à l’anglaise, champêtre, zen, contemporain, feng shui - au Maroc, en Guadeloupe et un autre à côté de Reims-, permaculture, food forest (forêtjardin), piscine écologique, elle adapte ses études paysagères à tous les styles. Pour les entreprises et les collectivités, Béatrice Bourgery a déjà plusieurs réalisations à son actif, dont une étude de l’intégration écologique d’une station d’épuration pour la Lyonnaise des Eaux ainsi qu’un aménagement de place du commerce et une étude pour un étang pédagogique par exemple. Et depuis 2015 elle intervient une fois par an à l’université d’Angers afin de transmettre sa pédagogie sur le thème de l’éco-paysagisme aux étudiants de la licence pro « Aménagement du paysage ».

C’est le pari de se lancer en tant qu’éco-paysagiste en ligne - une démarche alors inédite au sein de la profession - qui a également séduit le jury du Prix Audace 2018, le concours dédié aux autoentrepreneurs, créé par la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires en partenariat avec l’UAE (Union des Autoentrepreneurs).

Cette distinction vient récompenser le fait qu’elle réalise tout elle-même, de la création à la gestion du site internet en passant par la création de bases de données sur les plantes. « Mon site internet est quasiment mon seul point de contact ». Afin qu’il soit bien référencé et reste sur la première page des moteurs de recherche, la fondatrice de Jardin Rêve est en veille constante. La création du site (www.jardin-reve.fr) avait mobilisé toute son attention et continue de le faire car elle a dû s’adapter à un nouvel environnement, avec la progression de l’utilisation des smartphones par exemple. « Tout est dans la construction », faitelle valoir. Une analyse qui, en somme, colle parfaitement à son concept de création de jardins autonomes.

Nadine Champenois