IdentifiantMot de passe

Bonjour,
Le groupe de presse économique ForumEco rassemble un ensemble de journaux hebdomadaires régionaux habilités à publier les annonces légales
Nos services
Nous Contacter !

  • Abonnez-vous
  • Appels d'offres par e-mail
  • Alerte Annonces légales

Le portrait de la semaine

Élodie Bellin. Cette Auboise, aujourd’hui employée au service RH et communication d’une mairie, est présidente de l’antenne champardennaise de l’Association Cosplayers de France, ouverte il y a un mois.

Une autre vie taillée sur mesure

Voilà bientôt trois ans que la diététicienne de formation a découvert le cosplay. « C’est, pour moi, l’art de créer des costumes et des accessoires d’un personnage de fiction - issu de série, film, jeu vidéo ou manga - afin de les revêtir pour ensuite incarner ledit personnage », explique d’emblée Élodie Bellin. Ce phénomène, né aux USA s’est développé au Japon, avant de toucher l’Europe et la France, et n’intéresse pas que les adolescents. Loin s’en faut. Ces fans de cinéma, de bandes dessinées et plus généralement d’art vidéo-ludique sont également des gens installés dans la vie active en tant que salariés ou chefs d’entreprise. Comme Élodie, ils sont nombreux ces cosplayers à se mettre dans la peau d’un de leurs héros préférés, rencontrés habituellement dans les cases des bandes dessinées : « Les cosplayers ont pour ambition de donner vie à un personnage qui les fait rêver et pour lequel ils se prennent d’affection ». 

Si le terme « cosplay », mélange de costume et playing (costume et jouer), date des années 1980-1990 - cette appellation a été inventée par un journaliste japonais lors d’une convention américaine -, il faut remonter à l’année 1939 pour retracer l’origine du phénomène. C’est en effet lors de l’inauguration de la première convention américaine de science fiction que Forest J. Ackerman a donné la première impulsion au mouvement en arrivant déguisé en « Homme du Futur », crachant des étincelles. À partir des années 1960 et jusque dans les années 1980, les fans de Star Trek puis de Star Wars, déguisés en Monsieur Spock, en Stormtrooper ou en princesse Leïa, allaient populariser les Masquerades, ou concours de costumes. Les Japonais allaient donner au cosplay, l’ampleur qu’on lui connaît aujourd’hui. Le WCS, World Cosplay Summit, autrement dit LA référence dans le domaine des conventions cosplay, a d’ailleurs lieu depuis 2003 à Nagoya au Japon. 

Il faudra attendre le milieu des années 1990 pour que le phénomène gagne l’Europe et la France. Ici, les cosplayers mettent un soin particulier à l’aspect spectaculaire en se livrant des combats virtuels ou en reproduisant des dialogues ou scènes cultes. « En Europe et en France, on est également attaché au costume fait main, explique Élodie Bellin. J’adore le dessin, la broderie, le tricot, le scrapbooking, …, le travail manuel. Et je suis fan de cinéma et de jeux vidéo. Je suis donc devenue cosplayeuse, dit-elle. J’ai découvert le cosplay il y a trois ans seulement, à un âge au dessus de l’âge moyen des cosplayers, se situant entre 16 et 25 ans ».

Une vie active plutôt classique

Élodie Bellin a pourtant un parcours plutôt classique. Il y a une douzaine d’années, un DUT génie biologique en poche, elle a commencé sa vie active dans une parapharmacie. Avant de se mettre à son compte en 2007, en tant que diététicienne pendant trois ans. Elle sera ensuite salariée à temps partiel chez Camaïeu. « J’ai eu l’opportunité en 2012 de travailler à la mairie de la Chapelle Saint-Luc au service communication et culture. C’est là que j’ai commencé à apprécier le graphisme », explique-t-elle. S’en suivront une formation et un stage à l’Imprimerie de la Halle. Elle sera ensuite embauchée à la mairie de Saint-Julien-Les-Villas, au service des ressources humaines et communication, un poste qu’elle occupe aujourd’hui. 

  • 1984
    Naissance à Troyes le 1er avril. 
  • 2005
    DUT génie biologique, option diététique, à Villeneuve-d’Ascq, dans le Nord. 
  • 2015
    Co-fondatrice et présidente de l’association Passion Cosplay. 
  • 2017
    Présidente de l’antenne Association Cosplayers de France Champagne-Ardenne.

C’est sous son impulsion qu’a été ouverte il y a un mois en Champagne-Ardenne une antenne de l’Association Cosplayers de France. « Nous sommes très pauvres chez nous en termes de promotion et d’animation autour du cosplay. Avec l’ouverture de cette antenne, on vise haut, mais j’ai déjà tout un réseau. Puisque en août 2015, j’avais déjà cofondé l’association Passion Cosplay, qui avait permis de participer au premier Festival des Jeux de Troyes », explique la fondatrice et présidente. C’est ainsi que, forte d’une expérience de deux ans, elle a déjà réalisé un certain nombre d’animations : « En plus de notre participation au 3e Festival des Jeux, nous avons à notre actif des partenariats avec le CGR de Troyes, pour la sortie des films Justice League et le dernier Star Wars, mais aussi des ouvertures de magasins, dont le premier magasin Shopforgeek de France, qui a ouvert à Troyes. Nous avons également organisé une soirée Harry Potter au Meltdown de Troyes le 16 décembre »

Une présidente très motivée

L’antenne locale de l’association regroupe déjà une quinzaine de membres, de Troyes, de Reims et de Charleville-Mézières, dont des cosplayers, mais pas seulement : « Nous avons des photographes, des vidéastes, des graphistes, des « make-up artists », spécialistes des maquillages et effets spéciaux ». Et de développer les qualités qui lui ont permis de cultiver cette passion du cosplay, dont les créativité, patience, ténacité, confiance et estime de soi ainsi qu’un grand sens de l’organisation. 

« Personnellement, je fais toujours des croquis de mes costumes et de mes accessoires ; je réfléchis aux méthodes, outils et matériaux qui vont être utilisés pour la réalisation et je fais de nombreuses listes. Il est nécessaire d’être débrouillard et autodidacte. Les recherches via les tutoriels, en anglais, sont d’ailleurs un excellent moteur pour se perfectionner dans ce domaine aussi », explique la dynamique présidente. « Le cosplay permet aussi de s’évader, de rêver ; Le temps d’une journée, on prend une grande bouffée d’oxygène pour pouvoir dès le lendemain affronter le quotidien ».

Benjamin Busson