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Le portrait de la semaine

Nadia Laâtiris. Lauréate nationale du concours Talents des Cités pour l'entrepreneuriat, l'Auboise a créé pas à pas son entreprise multi-services d'entretien.

De l’énergie à revendre

Elle ne veut pas seulement avancer, mais aller loin. Nadia Laâtiris a pris son temps avant de se lancer dans l'aventure de la création d'entreprise. Lauréate nationale du concours Talents des Cités, avec la mention spéciale du jury, elle compte déjà développer sa société multi-services de vente de produits et de services écologiques dans le secteur de la propreté.

Et n'hésite pas à affirmer sa volonté de créer des emplois pour tous, au risque de paraître utopiste : « Je veux créer l'entreprise dans laquelle j'aurais rêvé de travailler », résume-t-elle. C'est pourtant un début de parcours chaotique qui devait amener Nadia Laâtiris a s'engager dans un cursus professionnel dès sa deuxième année de sixième. Un BAC pro hygiène et environnement en poche, la jeune majeure, vivant en foyer, travaille pendant trois ans à Disneyland Paris. Agent d'entretien spécialisé pendant deux ans et demi, elle s'occupe de la remise en état des toilettes. Une autre mission lui fera également connaître le métier de jardinier au sein d'une équipe, à l'occasion de la création de parterres de fleurs, pour le cinquième anniversaire du parc d'attraction.

« Cette expérience de trois ans, de 1995 à 1998, m'a permis de tester différents métiers », explique Nadia Laâtiris. Suivront une période de chômage et des périodes entrecoupées où elle officiera pendant deux ans en tout comme animatrice périscolaire pendant les congés et les mercredis.

Des jobs pas à la hauteur de ses compétences

Sa fille aînée, Imane, naîtra en 2002, date à laquelle elle prend un congé parental de trois ans. « J'avais des difficultés à trouver un travail correspondant à mes aspirations. Les femmes sont souvent cantonnées à faire le ménage dans les bureaux et on ne leur confie que rarement des travaux de remise en état de revêtements.

C'est frustrant et dévalorisant quand on sait que l'on peut faire beaucoup plus », déplore-t-elle. Mère au foyer par choix, de 2008 à 2012, suite à la naissance de Maëlys et de Yohann, elle met à profit cette période pour laisser germer son « envie de donner un sens à son existence, en travaillant autrement et pas seulement pour gagner sa vie ».

C'est juste après avoir déposé son fils à la maternelle le jour de sa rentrée, qu'elle se rend à la CCI, afin de se renseigner sur la création d'entreprise.

« Je visais alors le statut d'auto-entrepreneur. Question de facilité. J'ai changé d'avis depuis. Le dispositif Envol m'a permis de suivre une formation au Greta auprès de professionnels, qui ont euxmêmes monté leur boîte. Une année entière a été nécessaire pour acquérir les bonnes bases et pour rencontrer d'autres créateurs. Je n'avais pas cette culture de l'entreprise qu'ont ceux vivant aux côtés de chefs d'entreprise », ajoute-t-elle. Nadia Laâtiris a finalement décidé de ne pas choisir le statut d'auto-entrepreneur, malgré sa souplesse. Elle a préféré construire son projet autrement, malgré les obstacles et peut-être grâce à ceux-ci.

Des rencontres déterminantes

Afin de se tenir informée des nouvelles techniques et du matériel, Nadia Laâtiris se rend régulièrement à les salons professionnels comme Europropre. Le tour des banques s'étant révélé infructueux pour faire démarrer son activité, elle a commencé par économiser sou après sou pour acheter et payer en dix fois parfois du matériel d'occasion. « Une grande entreprise espagnole, Thomil Profesional, spécialisée dans la fabrication de produits de nettoyage et d'hygiène, rencontrée sur un salon, m'a permis d'acheter du matériel. J'ai eu cette chance de tomber sur des partenaires ouverts », fait-elle valoir.

Un vélo à assistance électrique pour démarrer

  • 1974
    Naissance à Créteil, dans le Val de Marne.
  • 1995
    BAC pro hygiène et environnement.
  • 1995-98
    Employée polyvalente à Disneyland Paris.
  • 2014
    lauréate du concours Talents des Cités pour la création de Mille et une tâches, une entreprise multi-services d'entretien.

Le concours Talents des Cités lui a permis de se voir décerner plusieurs prix : « Les concours régional, national et la mention spéciale du jury m'ont permis de remporter 13 000 euros. J'ai pu ainsi acheter un vélo à assistance électrique muni d'une caisse pouvant supporter 250 kilos de matériel, ainsi que des produits et du matériel neuf », se félicite- t-elle.

En 2014, c'est grâce à la BGE - l'ancienne boutique de gestion -, partenaire de CitésLab, un dispositif d'accompagnement par la Caisse des dépôts de l'initiative économique dans les quartiers prioritaires, qu'elle a réussi à structurer son projet. « C'est également le dispositif CAPE, le Contrat d'Appui au projet d'Entreprise, qui m'a permis de vraiment démarrer mon activité. J'ai notamment adhéré à Elycoop, une coopérative d'entrepreneurs basée à Lyon, une solution pour réduire l'impact des charges sociales sur un début d'activité », explique la dynamique chef d'entreprise. Après avoir renouvelé trois fois son adhésion, elle est actuellement en stand-by, en attendant la création prochaine à Troyes de Synercoop, une autre coopérative du même genre.

D'autres projets en tête

Après Mille et une tâches, spécialisée dans la remise en état de tous types de revêtements, Nadia Laâtiris projette de décliner son concept avec une activité de vente de composteurs et de poubelles de tri et une boutique écolo avec système de recharges pour les produits d'entretien : « Je compte également créer un atelier d'insertion, en partenariat avec l'entreprise lilloise Conscience Verte. Devancer en quelque sorte les fondements d'une charte de la diversité en créant dès le départ les conditions pour accueillir notamment les personnes handicapées, grâce à des postes adaptés à leur situation », s'enthousiasme la jeune entrepreneure : « Contrairement aux apparences, je ne vis pas dans un monde utopiste. Je ne veux pas devenir chef d'entreprise et créer des emplois au détriment de ma famille. Le fait de pouvoir choisir un statut qui me permette d'être salariée associée de l'entreprise est important pour moi ».

Nadine Champenois