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Le portrait de la semaine

Karen Patouillet et Guillaume Sagnes. Les réseaux sociaux et l'utilisation optimale d'internet n'ont pas de secret pour eux. Ils œuvrent à la fois pour déjouer les pièges de cet univers, et pour en tirer le meilleur parti.

Les GPS des réseaux

Ils s'appellent We love Bourgogne, et ce site marque l'arrivée d'une nouvelle tendance locale sur internet, celle du « brand content », qui consiste à proposer des idées de sorties, des « bons plans » consommation, le tout présenté à travers des histoires. Le but est de mettre en valeurs des territoires, des villes, des marques, avec une approche renvendiquée « haut de gamme ». Des nouvelles tendances, sur internet, il en naît environ toutes les trois semaines. C'est la logique de fonctionnement de cet univers qui a érigé l'éphémère et la rapidité en dogmes. Mais faire ce constat n'a finalement pas beaucoup d'importance. En tout cas, ni pour Karen Patouillet, ni pour Guillaume Sagnes, les fondateurs de We love Bourgogne. À leurs yeux, il ne sert à rien de déplorer les dimensions parfois futiles, superficielles, « zappeuses » du net. Il faut juste les comprendre et les exploiter. Ils en ont fait leur métier. À Dijon, ils ont lié leurs destins professionnels respectifs en jumelant leurs deux agences, au début de cette année. D'un côté, Socializy, agence digitale fondée par Guillaume Sagnes, spécialisée en stratégie digitale et streetmarketing, de l'autre, EnCom'Un, agence de conseil en communication et relations presse créée par Karen Patouillet.

« Même le dimanche »

« L'idée de travailler en partenariat, précise Karen Patouillet, et d'associer nos expertises respectives nous est venue en décembre dernier, lors de la soirée des trophées CercleCom, organisée à La Vapeur, à Dijon ». Dans l'opération, l'agence EnCom'Un a changé de nom et est devenue Twentyfor ou « 24 » pour les farouches opposants à tout anglicisme. Et pourquoi Twentyfor ? « Parce que notre travail, poursuit Karen Patouillet, c'est du 24 heures sur 24. Je dis toujours à mes clients qu'ils peuvent m'appeler, même le dimanche ». Ce travail qui ne s'arrête jamais, parce qu'internet ne s'arrête jamais, consiste à tirer le meilleur parti de cet univers foisonnant et en perpétuelle évolution. Karen et Guillaume offrent à leur clientèle la possibilité, à la fois d'optimiser l'univers du net pour en tirer tous les bénéfices possibles, en termes de valorisation, de retour commercial. Dans le même temps, ils assurent aussi un rôle de vigie face à un monde où règne la rumeur et où les risques de déstabilisation ou d'atteinte à la réputation ne sont pas des vues de l'esprit. Ils sont les guides d'une clientèle très souvent dépassée par internet et ses enjeux. Un travail qui nécessite d'être constamment connecté, en veille, et qui réclame la capacité de se démultiplier, comme se démultiplient les supports d'information et les technologies permettant de les recevoir (ordinateur, smartphones, tablettes...).

Un travail délirant, mais pour lequel ces deux-là ont été à bonne école. Karen Patouillet est passée par les bancs de SciencePo, des études de droit et une classe « prépa » littéraire à Paris avant de commencer à travailler, « très tôt pour payer mes études » précise-t-elle, dans des cabinets ministériels. « C'est là que je suis tombée dans la com', ajoute-t-elle. C'est devenue une vraie passion ». Elle débute dans l'équipe de Noelle Lenoir, ministre déléguée aux Affaires européennes du gouvernement de Dominique de Villepin. « Je savais écrire. On m'a donc mise à la com' et aux discours. Des postes de ce type, j'en ai occupé plusieurs, auprès de cinq ministres différents, jusqu'à la fin 2010. Ce travail n'est pas comme les autres. Lorsqu'on en sort, on est capable d'affronter tous types de situations de communication. On apprend très vite sur le monde et beaucoup de choses me servent aujourd'hui au quotidien, notamment dans le cadre de communication de crise ».

Karen Patouillet fait ensuite un bref passage chez Publicis, à Paris, mais son but, c'est de rejoindre son mari à Dijon. Pendant un certain temps, elle fait les aller retour entre Paris et Dijon en TGV, mais, pour simplifier son quotidien, elle veut se poser. « Je ne trouvais pas de travail, j'ai donc décidé de créer le mien en 2011 en ouvrant ma propre agence de communication et relations presse ».

Pour Guillaume Sagnes, les racines professionnelles sont à chercher du côté de la rue Berbisey, à Dijon. C'est là qu'en 1997 son père avait ouvert la premère salle de jeux en réseau. « J'ai été tout de suite connecté, constatet-il. Utiliser les ordinateurs, c'est devenu une passion au fil du temps ». Une passion qu'il cultive tout en poursuivant des études commerciales et de marketing. Sur son CV, figure notamment Groupon, le célèbre site proposant des réductions sur toutes sortes de prestations. « Pour Groupon, j'étais responsable des partenariats sur Dijon. Par ce biais là, j'ai découvert l'univers des start-up, du web « à l'américaine », avec des méthodes différentes, et cinq ans d'avance par rapport à la France... »

  • 1981
    Naissance, le 26 mars, à Annecy, de Karen Patouillet.
  • 1983
    Naissance, le 5 mai, à Montpellier, de Guillaume Sagnes.
  • 2002
    Karen Patouillet commence à travailler au sein du cabinet de Noelle Lenoir, ministre déléguée aux Affaires européennes de Dominique de Villepin.
  • 2009
    Guillaume Sagnes crée un dépôt-vente de vêtements en ligne sur Dijon (Guizz.fr).
  • 2011
    En septembre, Karen Patouillet crée l'agence EnCom'Un à Dijon, devenue depuis Twentyfor.
  • 2012
    Guillaume Sagnes lance Dijon Buzz, site de coupons de réduction dijonnais.

Au fil de ses expériences, Guillaume Sagnes se constitue une culture de la communication digitale qu'il estime aujourd'hui incontournable. Il met en pratique cette conviction en 2009 en créant un dépôt-vente de vêtements en ligne, nommé guizz.fr. Ensuite, c'est la création de son blog, Socializ. « Il a bien fonctionné, souligne Guillaume Sagnes et a même intégré le top 100 national des blogs “high tech”. J'ai créé ce blog en 2009-2010, à une époque où Facebook montait en puissance en France. Pour ma part, sur ce blog, j'avais un sujet et une thématique qui étaient en phase avec la période : les réseaux sociaux, l'animation de communautés. Je traitais de l'actualité de ces réseaux sociaux, je parlais de la manière d'utiliser ces nouveaux outils. Cela m'a donné une visibilité au niveau national. »

Leurs expériences se rejoignent aujourd'hui, notamment à travers We love Bourgogne, avec cette volonté de développer des stratégies marketing qui s'appuient sur la capacité à raconter une histoire, autour des produits, des lieux, des hommes ou des entreprises. « On aime rappeler à nos clients, précise Guillaume Sagnes, qu'il n'y a pas de bons outils technologiques sans une bonne stratégie autour. On peut faire un très beau site internet, avoir plein de fans sur une page Facebook, si, derrière, on n'a pas une bonne stratégie et une histoire à raconter, ça ne marche pas ». Des compétences digitales d'un côté, une connaissance des problématiques d'influences et des relations presse de l'autre : ces deux là devaient se rencontrer pour jouer les GPS face à un monde qui ne jure que par internet mais s'y perd encore souvent.

Berty Robert