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L'édito de la semaine

Molière or not Molière

Passée inaperçue lors de sa première mise en place, la « clause Molière » fait de plus en plus d’adeptes dans certaines Régions et collectivités. Il s’agit pour ces dernières d’imposer la langue française sur les chantiers dont elles sont maîtres d’oeuvre. L’objectif ? Contourner la directive européenne des travailleurs détachés et le dumping social qu’elle engendre. Il n’en fallait pas plus pour que des observateurs aussi avisés que mesurés s’emparent de cette mesure pour dénoncer, au mieux, « une mesure électoraliste », au pire, une clause « raciste » voire même « xénophobe ». Rien que ça ! Sans aller aussi loin, on peut tout de même admettre qu’il est préférable que tous les ouvriers et leurs chefs de chantier parlent la même langue pour des raisons de sécurité. 

Toutefois, alors que certains élus déclarent ouvertement adopter cette clause pour favoriser les entreprises françaises, voire locales, on ne saurait que trop les encourager à aller bien plus loin : il est de notoriété publique que les entreprises employant nombre de travailleurs détachés à des tarifs défiant toute concurrence hexagonale sont évidemment celles qui remportent des marchés à des prix laissant perplexes les entreprises dont les salariés sont soumis aux règles sociales françaises. Il revient donc à ces mêmes collectivités d’être vigilantes sur ces offres anormalement basses dans les marchés publics, comme cela est le cas dans les Ardennes, notamment depuis une signature de charte en 2015. À ces élus aussi, dont certains ont occupé des fonctions ministér elles en des périodes pas si lointaines, de prendre le taureau par les cornes et d’aller renégocier cette directive sur les travailleurs détachés avec l’Europe. Un texte qui date de 1996, c’est dire si le problème n’est pas nouveau et qu’il est dénoncé depuis longtemps déjà dans la presse par les professionnels du bâtiment et des travaux publics… dans un français impeccable et parfaitement audible d’ailleurs. Comme quoi il ne suffit pas de parler dans la langue de Molière pour être entendu…

Benjamin Busson