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L'article de la semaine

Finance. Le fonds d’investissement a gagné récemment la gestion d’un fonds public destiné aux start-up et PME innovantes.

M Capital Partners : 15 M€ pour combler les « trous dans la raquette du financement » dans l’ex-Midi-Pyrénées

Le 15novembre dernier, le fonds d’investissement M Capital Partners a été choisi par le Fonds européen d’investissement (FEI) et la Région Occitanie pour gérer un fonds de 15 M€ – 15 M€ ayant été également confiés à Irdi Soridec Gestion – pour financer des start-up et des PME innovantes situées dans l’ex Midi- Pyrénées. Une aide qui, espère-t-on chez M Capital Partners, permettra d’atteindre une capacité d’investissement totale entre 45 M€ et 60 M€ grâce à l’effet de levier. Ce type de financement est, pour le fonds, une nouveauté puisque jusqu’ici, « nous gérions principalement des fonds liés à la défiscalisation», explique Alexandre Scherer, directeur d’investissement chez M Capital Partners. «Mais il y avait des contraintes qui faisaient que c’était difficile d’aller vers les start-up: il faut être patient, et les portes de sortie sont plutôt à l’horizon de six ou sept ans. Donc à un moment, on s’est dit qu’il y aurait pour nous un intérêt logique et stratégique à utiliser nos compétences pour lever des fonds institutionnels et nous développer ». Seulement voilà, au début, M Capital Partners « avait beau proposer de bons dossiers, on terminait toujours seconds » dans les différents appels auxquels il répondait en France. Jusqu’à ce que le FEI « nous dise que notre stratégie d’investissement était maline, et nous invite à revenir les voir, car un fonds allait bientôt s’ouvrir en Midi-Pyrénées », se souvient Alexandre Scherer. 

Lequel estime que, si son fonds a été choisi, c’est avant tout « grâce à notre stratégie de suivi : on essaie de suivre une entreprise sur plusieurs tours de financement » – sachant que les entreprises qui démarrent en amorçage (pour des tickets entre 150 et 300 K€), et arrivent à faire deux tours (une série A, c’est-à-dire une levée de fonds entre 500 et 750 K€, et une série B, de 1 à 3 M€) sont rares, « de l’ordre de 10 % ». Aujourd’hui, cette stratégie de suivi se répand un peu plus, mais il y a un an et demi, voire deux ans, c’était plutôt novateur ». Autre avantage de leur dossier, selon le directeur d’investissement de M Capital Partners, «plutôt que de chercher le retour énorme sur investissement comme avec Facebook ou Airbnb, nous, on va miser sur du retour plus petit, mais régulier : au lieu de faire 10 fois la mise de départ, on cherche deux ou trois fois. Tout simplement parce qu’en France, on n’a pas en matière d’introduction boursière le dynamisme des marchés américains ». 

Et aussi parce que le fonds se retrouve désormais à gérer de l’argent public, ce qui a supposé « d’adapter notre modèle financier » Prenant leur bâton de pèlerin pour faire le tour des candidats à l’investissement en Midi-Pyrénées, les investisseurs de M Capital Partners ont visité les huit départements, et rencontré une vingtaine d’acteurs : incubateurs, accélérateurs, sociétés privées et publiques, « tous ceux qui étaient en contact avec de jeunes entreprises en développement, et on a pu confirmer ce que l’étude ex ante commandée par la Région avait montré : il y a des trous dans la raquette du financement. Passé le stade du prêt d’honneur, pas mal de start-up ont du mal à trouver des fonds pour atteindre le niveau de l’amorçage ». 

Autre manque identifié par l’équipe, « avant d’arriver à la série B, il y a des difficultés au moment du premier tour institutionnel. Car à ce moment-là, vous avez besoin de quelqu’un qui est prêt à s’engager, et qui va mobiliser d’autres acteurs pour faire un tour de table. Donc nous avons décidé de nous positionner sur l’amorçage et la série A ; quitte à investir ensuite éventuellement, sur quelques projets, sur une série B », envisage Alexandre Scherer. Au total, M Capital Partners compte investir dans 25 entreprises durant les cinq prochaines années, dont « trois ou quatre en amorçage, et une en série A ». Un premier investissement sera débloqué cette semaine pour une société développant un produit dans les nouvelles technologies de l’éducation (« l’ed tech »). 

Un incubateur de la reprise d'entreprise

Le fonds d’investissement est également en train de travailler au « premier incubateur de la transmission d’entreprise », explique quant à lui Rudy Secco, le président de M Capital Partners. Une manière de renforcer l’un des trois métiers historiques du fonds créé en 2002 – les autres étant le capital- investissement dans l’innovation, et le capital-croissance, en particulier dans le domaine du tourisme, des loisirs et de l’hôtellerie-restauration, bref, de « l’économie présentielle ». « Nous accompagnions déjà les repreneurs ou les managers d’une société dans le rachat des entreprises, sur fonds propres ou quasifonds propres, à l’instar récemment du pisciniste Everblue à Labège », détaille David Aversenq, qui dirige le pôle investissements chez M Capital Partners. Lequel pôle investit généralement « entre 1 et 5 M€ dans des PME avec un chiffre d’affaires ou une valeur entre 3 et 25 M€ ». Mais tout comme pour l’accompagnement des entreprises innovantes, «nous avons envie de fournir plus que des fonds lors de ces reprises, c’est pourquoi nous sommes en train de construire ce qui est peut-être le premier incubateur mondial de la transmission d’entreprise », sourit le directeur associé du fonds. 

«Un dispositif qui aura vocation, à Paris et à Toulouse, d’accompagner très en amont les repreneurs dans le projet de reprise », et auquel sera associée la Région Occitanie et aussi, peut-être, des banques. Ainsi, « si vous voulez racheter une entreprise, on vous formera sur l’évaluation d’une société, ce qu’il faut regarder et ce qu’est un pacte d’actionnaires, on vous mettra en relation avec l’écosystème des cédants et ensuite, quand vous aurez trouvé une entreprise où investir, tout ce qu’on vous demandera, c’est de nous laisser une place à vos côtés », à travers une participation au capital minoritaire, précise Rudy Secco. Pour l’occasion, un nouveau fonds devrait être créé, d’un montant de l’ordre de 30 M€. 30 à 40 projets devraient être incubés par an, « ce qui est beaucoup, note David Aversenq, car cela représente un tiers des projets régionaux ». 

Simon Casteran