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L'article de la semaine

Espace. Du 26 au 28 juin, au centre de congrès Pierre Baudis, aura lieu le célèbre salon scientifique et professionnel dédié à l’espace. L’occasion pour les entreprises françaises et étrangères de se rencontrer et de discuter des dernières évolutions technologiques.

Toulouse Space Show : le business colonise l’espace

Qu’on se le dise : « depuis sa création en 2008, le Toulouse Space Show (TSS) n’a cessé de changer et de croître. Ce n’est plus le colloque sur des sujets scientifiques du début! », expliquait, le 11 juin au Centre national d’études spatiales (Cnes) de Toulouse, Lionel Suchet, directeur général délégué de l’agence spatiale française. Devant la presse, celui-ci était entouré – entre autres – de l’ancien maire de Blagnac et actuel quatrième vice-président de Toulouse Métropole en charge de l’aéronautique, Bernard Keller, et de l’élu de la CCI de Haute-Garonne Alain Rabary – qui représentait son président Philippe Robardey – afin de présenter, dans les grandes lignes, la sixième édition du grand rendez-vous consacré à l’espace. Un événement pour lequel plus de 3000 participants sont attendus, venus de 46 pays dont la Chine, invitée d’honneur, et qui sera présente en nombre avec une délégation de 30 représentants.

Une présence qui doit moins, sûrement, aux réussites du pays en matière spatiale – dont son « palais céleste », la station orbitale Tiangong-1 qui s’est consumée dans l’atmosphère en avril dernier après cinq ans de travail dans l’espace – que par le marché considérable que représente la population chinoise pour les fournisseurs de services spatiaux, et par là pour l’industrie. Sans oublier la concurrence que représente le savoir-faire chinois, notamment en matière de lancement de satellites à bas coût… « Consacré aux nouvelles solutions spatiales, mettant en lumière les tendances futures et le nouveau modèle économique du domaine spatial (...), le TSS est résolument inscrit sous le signe de l’internationalisation, de l’émergence du Newspace » – comprendre, l’accès à l’espace par des acteurs privés comme SpaceX – « des innovations et des ruptures », résume-t-on ainsi au Cnes. Sans surprise donc, le salon se concentrera chaque jour, du 26 au 28 juin, sur un thème souvent relié au business : « l’espace comme booster économique » le premier jour, « les innovations disruptives » dans les services et l’industrie le lendemain, avant de conclure sur une journée plus grand public, consacrée à l’écologie, à l’observation de la Terre ainsi qu’à la vie dans l’espace – conférence de l’astronaute Thomas Pesquet à la clé.

Mais que l’on ne s’y trompe pas : la vocation du Toulouse Space Show est bel et bien de s’assumer de plus en plus en tant que convention d’affaires du secteur spatial. 170 exposants industriels et institutionnels, une soixantaine d’entreprises représentées au sein du Village des start-up – créé il y a deux ans – sans oublier près de 700 personnes inscrites pour les rendez-vous B2B, soit le double par rapport à la précédente édition: pour son principal sponsor, Airbus, « il était logique et naturel d’être présent au TSS, car cette année plus que jamais, c’est un rassemblement mondial qui correspond à la vocation mondiale » de l’avionneur européen, explique Jean Dauphin, responsable du management des programmes spatiaux chez Airbus Defence & Space. Lequel reconnaît et apprécie « la connotation très business de cette édition, et son emphase sur les disruptions dans les constellations de satellites comme One- Web » – autre filiale d’Airbus – « Earth now » (une société d’imagerie satellitaire en temps réel dont Airbus est un actionnaire important) « et dans les télécommunications, en particulier dans la 5G, ainsi que dans les successeurs de la constellation Pléiades. Le spatial est un booster d’applications, et le TSS fait un pont important entre les industriels qui créent les infrastructures, quelle que soit leur taille, et les services, car l’un ne va pas sans l’autre ».

De même que, reconnaît Lionel Suchet, « l’idée du Toulouse Space Show est d’attirer les investisseurs de tous les pays, tant pour aider les sociétés françaises à se développer que pour faire croître leurs ventes à l’export ». À ses côtés, Dampier Blanco, coordinateur du programme de R&T au Cnes et membre de l’organisation du TSS, précise ainsi qu’il y aura au cours du salon « des investisseurs en capital-risque, en particulier pour la session d’une journée, le 27 juin, consacrée aux nanosatellites ». Seront ainsi présents le fonds anglais Seraphim Capital, qui revendique la première place des capitaux-risqueurs (95 M$ investis en septembre dernier), l’américain Edgemoor Capital, sans oublier le nouveau fonds d’amorçage créé par le Cnes, Cosmicapital, qui devrait réunir à la fin de l’année entre 80 et 100 M€ auprès d’industriels et d’institutionnels « pour aider l’économie spatiale française à se développer ».

Pour Stéphane Galinier, responsable du développement commercial chez Mecano ID, la présence au TSS est également de mise. En effet, cette PME de 75 salariés spécialisée dans la conception et la fabrication de matériaux composites pour les satellites « a vraiment besoin du développement international pour continuer à progresser, et le Toulouse Space Show est l’occasion pour nous de continuer à rencontrer les prospects des autres pays que nous avons déjà croisés dans les salons internationaux, et aussi de montrer au reste du monde que l’écosystème toulousain est bien réel et a fait ses preuves ».

Tandis que pour Jean-Marc Gardin, PDG de Telespazio (filiale commune de Thales Alenia Space et de l’italien Finmeccanica), « le TSS sera aussi l’occasion de parler de l’impact du numérique, du Big Data et de l’intelligence artificielle. Nous travaillons par exemple en ce moment avec l’Institut de recherche technologique (IRT) Saint-Exupéry, installé dans le nouveau bâtiment B612, sur le deep learning [apprentissage par des systèmes automatisés à un haut niveau d’abstraction, NDLR] qui nous permettra d’aller plus loin dans la performance pour le client et réaliser des économies d’échelle qui seront non seulement très intéressantes, mais qui seront en plus à l’origine de la croissance des services spatiaux. Par exemple, avec les satellites d’observation de la Terre, les performances que l’on réalise aujourd’hui par des opérations humaines seront désormais faites au préalable ».

En Occitanie, le secteur spatial représente 205 entreprises et 12000 emplois, dont 5500 pour la seule région toulousaine.

Simon Casteran