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Informatique. 6,5 M€ ont été investis dans le nouveau supercalculateur rémois piloté par l’Université de Reims Champagne-Ardenne.

Opération séduction du nouveau ROMEO

Avec sa cinquième version, le supercalculateur rémois poursuit sa progression en devenant quatre fois plus puissant. « C’est une machine créée pour résoudre des problèmes complexes, plus de 87 000 simulations ont été réalisées en 2017 », résume Arnaud Renard, chef de projet à l’Université de Reims Champagne-Ardenne. Utilisé pour effectuer de la recherche mais aussi pour répondre aux besoins d’entreprises, ROMEO se classe désormais en 249e position dans le top 500 mondial. « Nous avons fait un choix technologique fort en plaçant l’efficacité énergétique comme un critère représentant 20 % de notre choix dans notre appel d’offres. Nous avons opté pour un refroidissement efficace à 40°C qui nous permet d’être 20e sur le plan écologique », détaille le spécialiste. 

Ce nouvel outil de l’URCA a été réalisé en partenariat avec le constructeur Atos Bull et NVIDIA, leader mondial de l’informatique graphique, c’est cette utilisation de la puissance des processeurs graphiques (GPU) qui fait de Romeo un supercalculateur « hybride ». «Nous avons commencé à travailler avec NVIDIA en 2008 afin de maîtriser une technologie de puissance de calcul différente et plus économe en énergie », confirme Michaël Krajecki, directeur de la chaire « calcul intensif et industrie » de l’Université. 

Des applications dans l'industrie, la bioéconomie, la santé... 

À quoi sert cette puissance ? La simulation numérique permet de tester plus vite un concept et de manière moins coûteuse. « Nous optimisons la conception et la fabrication de pièces industrielles, par exemple pour réduire le poids des véhicules dans l’industrie automobile. En bioéconomie, nous avons amélioré un processus de cristallisation du sucre en divisant le temps par deux et nous avons un projet qui vise à instrumenter des pieds de vigne (entre autre) avec des capteurs de haut niveau pour en ressortir de manière automatique des décisions sur l’utilisation d’intrants », indique Arnaud Renard. Dans le domaine de la santé, il estime ausi que « l’intelligence artificielle va apporter une meilleure analyse d’images médicales et que la simulation numérique accélère les étapes de sélection de molécules avant de réaliser des tests en laboratoire ». Et avec l’explosion du nombre de données et le développement des objets connectés, le besoin d’analyse du big data ne va faire que progresser, ajoute-t-il. 

ROMEO travaille également avec le CEA DAM (Direction des applications militaires, la DAM, au sein du Commissariat à l’Energie Atomique) et GENCI (Grand Équipement National de Calcul Intensif) en participant au réseau des centres de calcul régionaux. En plus de mettre cette technologie au service de la recherche académique et des entreprises, l’équipe de ROMEO (quatre ingénieurs) forme aussi évidemment les étudiants de l’URCA. Un Master « Calcul Haute Performance et Simulation » vient d’être créé à la rentrée pour former des informaticiens experts dans le domaine de la simulation numérique. 

Un financement collectif

Le nouveau Romeo représente un investissement de 6,5 M€, financé pour moitié par les fonds européens, puis par le Conseil régional du Grand Est, l’Etat, le Grand Reims et l’URCA . « Même dans une situation financière compliquée, il est important de préparer l’avenir. Romeo est au service du développement et de l’innovation sur le territoire », indique Guillaume Gellé, le président de l’Université. « Depuis 2002, la collectivité répond présent en ayant conscience de son utilité pour renforcer l’attractivité du territoire », ajoute Catherine Vautrin, présidente du Grand Reims. 

Il faut « avoir de l’audace et investir dans l’intelligence artificielle », souligne le président du Grand Est, Jean Rottner, qui compare le programme français (1,5 milliard d’euros) aux 15 milliards de dollars du groupe chinois Alibaba. D’ailleurs, pour prouver que la course internationale s’accélère, même si les gains de puissance de Romeo sont multipliés par quatre, l’équipement recule au niveau mondial par rapport au classement du lancement de sa précédente version en 2013 quand il était 151e en performance et 5e sur le plan énergétique.

Philippe Demoor