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Accompagnement. Financement du développement, de l’innovation, garantie bancaire ou aides à la trésorerie, l’activité de bpifrance est protéiforme avec 1 810 projets accompagnés en 2015 en Champagne-Ardenne.

bpifrance : 336 M€ pour soutenir les entreprises

L’activité de bpifrance en Champagne-Ardenne a été stable ou en hausse dans quasiment tous les segments en 2015 avec, au total, 336 M€ de soutiens financiers qui ont permis, grâce à un effet levier, de financer 746 M€ de projets. « Nous aidons tous types d’entreprises avec différents dispositifs en fonction de leurs besoins », présente Jérôme Bouquet, le directeur régional de l’institution. Sur 1 810 projets champardennais, 1 070 concernent des garanties bancaires. « Nous intervenons généralement à hauteur de 50 % (avec la possibilité d’atteindre 70 % avec l’aide du Conseil régional) auprès des banques, soit à hauteur de 56 M€ en 2015. C’est une sorte d’assurance pour les banques avec qui nous avons des relations de confiance, au point de traiter automatiquement les petits dossiers sur lesquels elles souhaitent que nous intervenions en garantie, par exemple dans le cas de TPE du monde rural », détaille-t-il. Si le nombre et le montant des garanties n’ont pas augmenté selon lui, cela s’explique par la faiblesse des taux d’intérêts qui rendent la garantie moins pertinente.

Financer l’innovation

De manière plus directe, bpifrance répond aussi aux besoins de financement des entreprises (209 projets, 123 M€, +10 % par rapport à 2014), que ce soit pour investir dans leur outil de production, se développer à l’international ou réaliser de la croissance externe. En 2015, Le Bronze Industriel, Parmentine, ASI Innovation, LDR Médical ou encore la SEFAC (d’autres exemples en page 5) ont par exemple été accompagnées, « tout comme le monde du champagne pour lequel nous finançons du stock dans leur développement à l’export ». « Investisseur patient », bpifrance possède des participations dans des entreprises comme Vivescia Industries ou l’Atelier des Janves, « en étant minoritaires et aux côtés de fonds privés », précise le directeur. La participation peut être directe ou également se faire par l’intermédiaire de fonds partenaires dans laquelle la banque publique intervient comme UI Gestion (ex-Irpac). En terme d’innovation, l’évolution est positive avec une progression du nombre de projets (83 contre 75) et des montant (15 M€ après 13 M€), en partie grâce à la modernisation des usines et à l’essor de technologies comme la fabrication additive. « Nous aidons les entreprises à traverser la « vallée de la mort », c’est-à-dire entre le moment où elles ne bénéficient plus de leurs premières aides à l’innovation et celui de la mise sur le marché. Il s’agit d’une phase où les banquiers n’interviennent pas et qui a représenté 7 M€ en 2015 pour nous ». Dans le cadre du partenariat avec la Région Grand Est, des fonds d’innovation dotés de 55 M€ et le PRI (Partenariat Régional d’Innovation, 20 M€) sont encore d’autres possibilités de financer les projets innovants des entreprises.

Accompagner à l’international

Après l’innovation, l’autre axe majeur de croissance est l’international. « Nous avons mis en place un partenariat avec la Coface et Business France pour accompagner les entreprises à l’export. Dans nos effectifs, nous comptons d’ailleurs une personne de Business France qui peut aider les dirigeants à trouver des clients à l’étranger, avec par exemple la possibilité d’organiser des visio-conférences depuis nos bureaux rémois », souligne Jérôme Bouquet. Dernière nouveauté, bpifrance propose un crédit export pour proposer des solutions de financement aux clients étrangers des entreprises françaises : « À l’échelle du Grand Est, une société alsacienne en a déjà bénéficié fin 2015 et nous comptons bien développer cette offre sur le territoire champardennais en 2016 (pour des commandes inférieures à 1 M€). Elle peut être très utile dans des pays où le monde bancaire n’est pas très structuré ou quand les taux d’intérêts sont élevés ». Dans ce domaine, la France tente ainsi de rattraper son retard sur l’Allemagne, en avance sur ce type d’aides.

Conseil stratégique

En terme d’accompagnement pour booster la croissance, bpifrance propose aussi des prestations de conseil : « Nous pouvons aider de manière anonyme une entreprise à en trouver une autre à acquérir dans le cadre d’une croissance externe, nous proposons des formations, nous avons un réseau bpifrance Excellence qui nous permet également de faire remonter les attentes des dirigeants envers les pouvoirs publics… ». Dans ce cadre, la deuxième promotion du programme Accélérateur PME cible quelques entreprises (8 dans le Grand Est) en leur proposant un suivi renforcé. « Ce sont des entreprises pour lesquelles nous estimons que le potentiel de croissance est très important. Sur notre territoire, nous comptons Carbonex (Aube) et Stradis/Sodia (Reims) », précise le directeur à la tête d’une équipe de 18 personnes, en comptant l’antenne Aube/Haute-Marne ouverte en novembre dernier, en plus du siège régional, à Reims. «Nous basons notre efficacité sur notre maillage territorial et notre proximité avec les entreprises », explique celui qui précise que la nouvelle région Grand Est ne vient donc pas bouleverser le fonctionnement de bpifrance qui conserve son appellation Champagne-Ardenne sur le territoire. « Le bassin troyen est en plus très dynamique, notamment en terme d’innovation avec la technopôle », ajoute-t-il en n’oubliant pas de mentionner que l’effervescence gagne aussi Reims en terme de création de start-up.

Soutenir la trésorerie

Mais la banque publique n’accompagne pas que les entreprises en pleine croissance : « Nous intervenons auprès des entreprises à solvabilité faible ou moyenne au travers de dispositifs de trésorerie ». Le financement de court terme a ainsi représenté 97 M€ (112 projets) l’an dernier, soit une petite baisse par rapport à 2014 (103 M€), mais cela ne veut pas forcément dire que les entreprises vont mieux, analyse Jérôme Bouquet qui cite l’exemple de la diminution des commandes dans les travaux publics qui entraîne donc moins de financement de trésorerie. L’amélioration des délais de paiement est toutefois un signal positif qui a aussi une petite influence sur cette tendance. Le recours au CICE est lui à la hausse (336 dossiers après 315 ; soit 45 M€ après 32 M€) et le directeur estime que le Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi est aujourd’hui « bien intégré » par les entreprises qui obtiennent leur préfinancement de cette aide auprès de bpifrance.

Philippe Demoor