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Agriculture. La Chambre d’Agriculture de la Marne pilote un projet de ferme expérimentale sur les terres de l’ex-base aérienne au nord de Reims. Objectif : produire plus et mieux pour répondre aux besoins en alimentation et en matières premières pour le Pôle IAR.

« La Ferme 112 pour devenir la capitale de la bio-économie »

En mal de projet structurant pour le site de l’ex-base aérienne 112 au nord de Reims ? La Chambre d’Agriculture de la Marne en propose un et affiche ses ambitions. « Nous voulons les 350 hectares situés à Bétheny (et qui seront bientôt cédés par l’armée à Reims Métropole) dans le cadre d’un projet collectif de long terme appelé, pour le moment, La Ferme 112. Nous souhaitons amener de la cohérence dans la chaîne de valeur des agro-ressources. Récupérer le site de la BA 112 est donc une opportunité à saisir pour devenir la capitale mondiale de la bio-économie », présente Maximin Charpentier, le président de la Chambre. « Notre idée est d’accompagner la mutation agricole pour répondre aux enjeux de compétitivité tout en utilisant moins d’engrais et de produits phytosanitaires. Les besoins sont importants, tant pour l’alimentation humaine pour la valorisation non alimentaire du végétal. Nous avons justement la chance d’avoir le pôle de compétitivité Industrie et Agro-Ressources (IAR) qui est centré sur les débouchés en aval, notamment avec le site de Pomacle-Bazancourt. Pour l’alimenter en biomasse, nous souhaitons créer un pôle d’excellence sur cette gestion des ressources en amont ».

Unanimité du monde agricole

Co-signataire du contrat de redynamisation du site de défense (CRSD qui dispose d’une enveloppe de 3M€) en compagnie du préfet et du président du syndicat mixte pour l’aménagement du nord-rémois et de Reims Métropole, Maximin Charpentier entend bien que les agriculteurs soient donc pleinement acteurs de l’avenir de l’ex-BA 112. En s’appuyant notamment sur les expériences déjà menées dans le Dakota, au Québec,en Bretagne et même en Picardie, il a donc fait réaliser une étude dont le rapport est formel sur l’intérêt de ce projet qui doit être largement partagé : « Nous devons passer d’une logique de silos, où chacun travaille dans son coin et mène ses propres recherches, à une approche transversale avec une vision globale ». Céréaliers, betteraviers, producteurs de luzerne... tous les acteurs doivent travailler ensemble. « C’est un projet humain, nous nous faisons confiance. Tous les grands leaders du monde agricole régional y sont favorables », s’enthousiasme-t-il . Dominique Dutartre (président du Pôle IAR), Olivier de Bohan (président de Cristal Union), Hervé Lapie (président de la FDSEA 51), Christian Rousseau (Président délégué à l'agriculture et à l’innovation de Vivescia), figurent ainsi parmi les membres du comité de pilotage ou du comité scientifique mis en place sur ce dossier.

Des tests grandeur nature

Pour faire progresser l’agriculture marnaise, la création d’un cluster est donc envisagée pour que la recherche soit plus efficace. « Nous sommes les seuls à avoir ce sol crayeux, si nous ne lançons pas des études pour nous améliorer, personne le fera à notre place », observe Maximin Charpentier. Ce qui ne veut pas dire travailler de manière isolée car des complémentarités doivent naître en lien avec l’INRA (l’Institut national de la recherche agronomique) et les organismes engagés dans le SYPPRE (Systèmes de Production Performants et Respectueux de l’Environnement) qui fédère l’ITB (betteraves), Arvalis (céréales), le CETIOM (oléagineux et chanvre) et l’UNIP (protéagineux : pois, luzerne...) : « Aujourd’hui, tout le monde est convaincu de la nécessité de fonctionner en réseau. Nous prévoyons donc 15 hectares d’essais sur des micro-parcelles ».

Ce qui permettra ensuite de transposer ces recherches auprès des agriculteurs qui exploitent déjà les terres situées dans le périmètre et qui sont volontaires. « Les paysans sont pragmatiques, ils ont besoin de voir ce qui marche. C’est justement notre mission de vulgariser et de rendre concrètes les innovations issues de la recherche », déclare Maximin Charpentier. Il souhaite d’ailleurs faire de ce lieu un centre de formation pour les agriculteurs. Et en dehors même de cette « Ferme 112 », l’idée est de labelliser un réseau de fermes expérimentales en leur confiant des missions précises sur différentes problématiques, avec la volonté, par exemple, d’y associer largement les lycées agricoles de Champagne- Ardenne.

Au-delà des études sur les sols, le site de la base aérienne 112 comprend aussi des hangars qui pourront être réutilisés pour des travaux sur le machinisme agricole. « Nous pourrons inviter les professionnels de l’agro- équipement à innover pour développer des technologies de rupture (GPS, drones...) », ajoute-t-il.

Un projet de 2M€

Si le projet est ambitieux sur les 350 hectares de l’agglomération, ce qui n’exclut pas d’avancer aussi avec les communes de Courcy et de Brimont, le président de la Chambre d’agriculture de la Marne se montre réaliste et ne s’attend pas à ce que tout soit réalisé du jour au lendemain : « C’est un travail de long terme, mais nous avons besoin de savoir rapidement, dès cet automne, si nous allons pouvoir disposer de l’ensemble des terres. Nous chiffrons ce projet à 2M€ pour installer des équipements et capteurs électriques, recruter du personnel... ». Plus globalement, la Chambre veut associer la société civile (autres organismes, public...) à ce « projet de territoire » jugé capital pour l’économie régionale. Tout ceci à condition que les résultats des études de sol, attendus mi-septembre, montrent que le sol de l’ex-base militaire n’est pas pollué.


Un consensus chez les élus

Catherine Vautrin, présidente de Reims Métropole et du Syndicat mixte du nord-rémois: « Ce projet est cohérent avec le pôle IAR et il a la grande qualité de faire l’unanimité auprès des élus du territoire, convaincus par la bio-économie. Il nous a été présenté avant l’été et nous attendons encore des compléments d’information pour faire avancer ce dossier le plus vite possible . Nous avons compris la volonté de la Chambre d’agriculture de pérenniser le foncier agricole. Il faut maintenant passer à l’action car nous avons déjà perdu beaucoup de temps depuis l’arrêt de l’activité de la base en 2011 ».

René-Paul Savary, président du Conseil général de la Marne : « C’est un projet très intéressant pour être leader en matière d’innovation dans les pratiques culturales. C’est une opportunité de pouvoir le réaliser aux portes de Reims et donc aux portes de Paris. Ce dossier semble réaliste. En apportant des investissements privés et publics, le fonctionnement paraît aussi supportable. Attention toutefois à la réforme territoriale car si l’intérêt régional du projet est compris depuis Châlons, en serait-il de même depuis Strasbourg ? De même pour la gestion régionale des crédits européens pour l’agriculture ».

Jean-Paul Bachy, président du Conseil régional : « C’est une excellent opportunité pour plusieurs raisons : il est cohérent avec les activités du pôle IAR et il permet de relier de manière intelligente l’agglomération et les communes rurales de la périphérie du pôle de Bazancourt. C’est une logique de consensus entre Reims et la commune de Courcy qui ne veut pas urbaniser le site. C’est un véritable projet régional car il mobilisera les exploitations des lycées agricoles de Champagne- Ardenne dans ses recherches. La région est bien placée pour être un leader de ce nouveau modèle de croissance ».

Philippe Demoor

Reportage
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