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L'article de la semaine

Matériaux. La filière attend de cette homologation une valorisation de son savoir-faire, un développement de son activité et une arme à opposer à la contrefaçon. Elle milite aux côtés de l’association nationale pour que l’Indication géographique des produits industriels et artisanaux (IGPIA) soit intégrée dans les marchés publics et pour sa déclinaison au niveau européen.

La Pierre de Bourgogne labellisée

Où a été fabriqué le produit que je veux acheter ? Dans quelles conditions et avec quels savoir-faire ? C’est à ces questions que permet de répondre l’Indication géographique (IG). Limitée pendant longtemps aux seuls produits agro-alimentaires, elle est étendue depuis 2014 et la loi Hamon aux produits industriels et artisanaux. La filière Pierre de Bourgogne vient de se voir remettre son homologation par l’Institut national de la propriété industrielle (Inpi) le 4 septembre, après parution au Journal officiel en juin. Elle devient ainsi la quatrième Indication géographique des produits industriels et artisanaux (IGPIA), après le Siège de Liffol, le Granit de Bretagne et la Porcelaine de Limoges. Elle est même, d’après Jean- Marc Le Parco, directeur général délégué de l’INPI, « la plus grosse IGPIA en nombre d’entreprises ». Derrière l’association Pierre de Bourgogne, qui a porté l’initiative à son terme et défend la filière, on retrouve 160 entreprises, dont 60 totalement dédiées à la pierre, pour un chiffre d’affaires d’environ 60 millions d’euros. L’association a déjà avancé ses pions en 2001 en déposant la marque collective « Pierre de Bourgogne », mais l’IGPIA lui apporte une reconnaissance nationale. « L’IG est un signe officiel de qualité qui garantit au consommateur l’origine du produit, son authenticité, une qualité rigoureuse et un savoir-faire ancestral, intimement lié au territoire. C’est une reconnaissance des qualités spécifiques du calcaire extrait et du savoir-faire des professionnels de la filière, carriers, façonniers, laviers, poseurs, tailleurs, sculpteurs», détaille Fabrice Descombes, président de l’association Pierre de Bourgogne. 

Du 100 % Local

Les entreprises du secteur en attendent aussi une protection contre les contrefaçons. « Nous pourrons protéger et mieux valoriser nos produits, pour un consommateur qui sera assuré qu’il s’agit bien de pierres de Bourgogne. Cela protège aussi une filière dont le poids économique estnon négligeable, particulièrement en zone rurale. C’est la fin des plastiques, bétons, bois, céramiques et grès cérame utilisant abusivement l’appellation », s’est félicité celui qui est aussi depuis mai 2018 président de l’Afigia, l’association nationale des IGPIA. Prochaines étapes ? Au niveau régional, l’obtention par les entreprises du droit à utiliser l’appellation Pierre de Bourgogne. Elles devront pour cela devenir membres de l’association, puis être auditée par un organisme de certification qui vérifiera le respect du cahier des charges. Celui-ci – beaucoup plus strict que le Made In France - prévoit un produit intégralement fait, fini et façonné en Bourgogne, s’appuyant sur un tissu économique local. Une réunion est programmée le 19 octobre au profit des acteurs de la filière. « Nous espérons arriver aux premières certifications en fin d’année. D’abord les carriers, car ce sont eux qui extraient la pierre sans laquelle la transformation ne pourra pas être certifiée », précise Fabrice Descombes. 

Appels d'offres et Europe

 Au niveau national, beaucoup reste à faire. D’abord en faisant reconnaître au niveau européen la nécessité des IGPIA. L’Afigia y travaille, pour permettre aux produits homologués de mieux rayonner à l’export (29 % du CA de la filière) et espère « une IGPIA européenne d’ici trois ou quatre ans ». Elle travaille aussi à la possibilité d’une intégration des IGPIA dans les marchés publics. «On trouve des critères environnementaux dans les appels d’offres. Pourquoi ne pas ajouter les IG ? », milite Fabrice Descombes qui pointe l’enjeu du combat : nous sommes en concurrence frontale avec les pierres du Portugal ». Enfin, comme l’a souligné le directeur de l’Inpi, l’expérience de Fabrice Descombes mise au service de l’association nationale va « encourager d’autres dossiers à se monter partout en France ». En Bourgogne Franche-Comté, une démarche active est en cours du côté de Besançon pour la création d’une montre sous indication géographique 

Les produits régionaux éligibles à l’IGPIA 

L’Afigia a recensé huit produits de notre région susceptibles d’être homologués Indication géographique : la faïence de Nevers, les émaux Bressans, les jouets du Jura en bois, la pipe de Saint-Claude, l’horloge comtoise, les lunettes de Morez, le stylo de Saint-Lupicin et les tapis de Moroges.

Sylvie Kermarrec