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Renouveau. Avec une cinquantaine d’entreprises désormais sur le tarmac, l’aéroport de Dijon poursuit sa reconversion en zone d’activités autour de deux secteurs phares : l’aéronautique et l’automobile.

Le nouveau plan de vol de l’aéroport

Pénétrer dans un aéroport pour y faire autre chose que prendre l’avion : la situation peut sembler assez inédite et pourtant, à Dijon, elle n’a rien de très originale. L’aéroport situé aux portes de la métropole s’est en effet transformé depuis deux ans. Après les turbulences du départ de la dernière compagnie de lignes commerciales Eastern Airways en 2014, celui de la base militaire BA102 et l’arrêt des subventions publiques, le site a pris un tout autre plan de vol.

Pépinière d'entreprises

Confiée à la société Edeis par le syndicat mixte propriétaire de l’infrastructure, la gestion du site était conditionnée à la mise en place d’un nouveau modèle économique. C’est désormais chose faite et c’est plutôt réussi : « aujourd’hui, explique José Almeida, maire de Longvic et président du syndicat mixte, nous disposons d’un aéroport qui s’appuie sur du foncier immobilier pour continuer à se développer. C’est un exemple unique en France ». De la route, il est un peu difficile de s’en rendre compte tant la lignée de hangars de l’ancienne BA102, semble déserte. Mais à côté de l’école de gendarmerie et ses 750 élèves, les espaces de bureaux et d’activités ont peu à peu remplacé les avions. En un an, le nombre d’entreprises a doublé: elles sont désormais 52 (une soixantaine en comptant les associations), toutes activités confondues : agence d’évènementiel, artisans, création de décors de théâtre jusqu’à l’installation d’un brocanteur tout récemment, soit une centaine d’emplois. Les Parcs de l’aéroport – c’est son nom – font désormais partie du paysage des zones d’activités de la métropole, avec un restaurant en accès libre, un food truck et peut-être bientôt une pépinière d’entreprises. « On a envie de faire de Dijon un aéroport innovant et d’y installer des start-up », précise Simon Dreschel, directeur d’exploitations aéroportuaires d’Edeis. Avec deux secteurs phares – l’aéronautique et l’automobile – que le syndicat comme Edeis souhaitent consolider, « parce que cela a du sens », confirme José Almeida. Parachutistes, drônes et même vols à sensation à bord des jets de la patrouille Breitling de la société Apache Aviation ont aussi investi les lieux.

Atypique et tendance

L’aéroport lui, poursuit le développement de son aviation affaires et des vols sanitaires et privés. Il a enregistré en 2017 plus de 9.000 mouvements soit une hausse de 64 %. Un redécollage légitime selon Edeis pour un territoire qui attire du monde entier en termes de business comme de tourisme, grâce à l’activité viticole. Si les vols commerciaux « doivent rester ponctuels, privés et non subventionnés» précise José Almeida, ils sont néanmoins possibles. Le mois dernier, l’agence dijonnaise Voyages Girardot a organisé le premier vol de ce genre depuis 2014 entre Dijon et la Lettonie, permettant à quelques 330 touristes de transiter par l’aérogare. Pour accueillir les visiteurs comme il se doit, Edeis, en délégation de services pour 12 ans, finalise d’importants travaux de rénovation pour lesquels il a investi 500.000 euros. Le chantier devrait s’achever à la fin de l’année et offrir à la clientèle affaires notamment, le confort attendu pour ce type de vols. Edeis se charge de réagencer les espaces désertés, en particulier les imposants hangars de l’ancienne base militaire. Des espaces atypiques qui attirent de plus en plus d’activités ponctuelles, culturelles et de loisirs. En avril, un festival de musique électro a fait sensation dans les « hangarettes», très prisées et tendance. Celui des cerfs-volants début mai a quant à lui rassemblé plusieurs milliers d’adeptes. Autre signe de cette activité temporaire, le National Moutarde Crit, une course de vélo à pignon fixe, se tiendra cette année à l’aéroport. Le grand public pourra d’ailleurs accéder librement à l’aéroport le 16 juin, à l’occasion de ses premières portes ouvertes. Une occasion supplémentaire pour faire la promotion d’un site occupé à 60 % et donner envie à d’autres établissements de s’installer. Pour y parvenir, le syndicat mixte poursuit aussi cette année un important programme de travaux avec le déploiement de la fibre optique sur les parcs de l’aéroport, la mise à niveau des réseaux électriques et la sécurisation de la zone de 500 hectares.

Émeline Durand