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Tourisme. Surfant sur notre goût prononcé pour les objets et les ambiances de la France de l’après-guerre, les promoteurs du projet de La Rochepot font le pari d’une nostalgie, vecteur d’attractivité touristique et donc, économique.

Projet Vintage Bel Air : la route « à la papa », c’est tendance !

En 1975, pour sa biographie , Simone Signoret avait choisi un titre en forme de jolie pirouette : La nostalgie n’est plus ce qu’elle était. Voire! Car il se pourrait bien, au contraire, qu’une certaine fibre nostalgique constitue aujourd’hui un marché à part entière. En témoigne le projet Vintage Bel Air dévoilé le 16 avril. Sur la commune de La Rochepot, à l’extrême Sud du département de la Côte-d’Or, devrait voir le jour, en 2018, un parc de loisirs entièrement axé sur l’ambiance routière des années cinquante et soixante. Une période où, au sortir de la guerre, la société française goûtait les joies d’une incontestable prospérité économique, consommait avec ardeur et générait, sur un réseau routier où l’autoroute était encore l’exception, un univers fait de stations- services, de belles américaines aux chromes rutilants, de 2 et de 4 cv peinant dans les côtes et aux galeries surchargées et de publicités peintes sur les pignons des maisons. Jacques Le Disez, fondateur de Vintage Bel Air et homme habitué à l’organisation d’évènements, n’a pas choisi La Rochepot au hasard.

Le village, au Sud de Beaune, est en bordure de la Nationale 6, mythique route des vacances pour la génération des « baby-boomers ». Un véritable patrimoine à cultiver et c’est bien le choix qu’ont fait, il y a quelques années, les élus de la communauté d’agglomération Beaune Côte et Sud, au premier rang desquels figure son président, le députémaire de Beaune, Alain Suguenot. Un projet à visée touristique de revitalisation de la nationale, en se basant sur cette thématique de la route des vacances, a été lancé et confié à Gérard Roy, vice président de la communauté de communes en charge du développement économique rural. C’est dans ce cadre que s’inscrit Vintage Bel Air, en élargissant le périmètre de départ du projet communautaire, surtout axé sur les collectionneurs de vieilles autos.

« Énorme engouement »

La communauté d’agglomération avait acquis et restauré, sur le site de Bel Air, à La Rochepot, un ancien garage, dernier vestige de cette atmosphère routière passablement stérilisée avec la mise en service de l’autoroute.

Pendant quelques temps, sous l’égide d’une association de collectionneurs beaunois, l’AOC, le lieu s’anime, à intervalles réguliers en accueillant des rassemblement de voitures. La communauté d’agglomération ne souhaitait pourtant pas en rester là et a choisi de s’appuyer sur une initiative privée pour véritablement lancer le site. C’est là qu’interviennent Jacques Le Disez et ses associés actionnaires, des investisseurs régionaux parmi lesquels figurent notamment David Butet (Strategic Event à Dijon) ou l’expert-comptable beaunois Jean- Claude André, mais aussi des chefs d’entreprises du secteur du bâtiment ou de l’hôtellerie-restauration. « Il me semblait important d’élargir la thématique, explique le fondateur de Vintage Bel Air. Certes, il y a un énorme engouement pour les voitures de collection mais cela reste un milieu très masculin. Dans une optique de développement touristique, il fallait donc voir plus large et bâtir un projet ouvert sur la période des années cinquante à soixante-dix, à travers la mode, le cinéma, le design, la chanson, en plus des voitures ».

Au final, le projet s’articule sur une trentaine d’hectares autour du fameux garage. Une première levée de fonds de 300.000 euros a été réalisée pour mener des études préliminaires mais les porteurs du projet sont aujourd’hui en négociation, notamment avec la Caisse des dépôts pour obtenir le gros des investissements, évalués à 7,5 millions d’euros. « Nous voulons faire preuve de prudence,poursuit Jacques Le Disez.

Nous sommes dans une logique de phasage. Nous réfléchissons à ce qui est nécessaire et suffisant pour créer une offre permettant d’assurer une attractivité auprès du public, une offre véritablement complémentaire à ce qui fait la spécificité touristique de la région beaunoise : le vin, la gastronomie et les vieilles pierres ». Vintage Bel Air devrait ouvrir au printemps 2018. Les promoteurs visent la création, dans un premier temps, d’une cinquantaine d’emplois (animation, accueil, restauration, évènements...) en privilégiant, autant que possible, des recrutements locaux. On trouvera sur place tout ce qui participe à la mémoire de la Nationale 6, des expositions permanentes et thématiques, des animations, des aires de pique-nique, une boutique, mais aussi un pôle technologique dédié aux véhicules de collections.

Berty Robert