S'IDENTIFIER
Identifiant :
Mot de passe :
Mot de passe oublié
Prestations de serment
Plus de débat en vidéo sur internet :
www.elitimage.com
www.dijon.cci.fr

Quel aéroport à Dijon?

Événement. Reçus sur la base aérienne de Longvic, les invités du quatrième dîner-débat du Journal du palais ont échangé sur l’avenir de la desserte aérienne de la Bourgogne. Ou pourquoi faut-il croire au décollage d’un aéroport bien pensé.
Pourquoi donc le (re)décollage de l’aéroport de Dijon, qui a tant de fois avorté, serait-il cette foisci couronné de succès? La question taraude les promoteurs de Renaissance, le programme de relance de l’aéroport régional porté par la CCI et déjà adopté par le Conseil régional de Bourgogne, collectivité qui sera pilote du projet. Elle obsède aussi les sceptiques, qui ont vu, par le passé, les expériences échouer les unes après les autres: les lignes vers Orly et Roissy (entre 1988 et 1990), les liaisons point à point sous les couleurs de Protéus (dans les années 1990), puis les relations vers les hubs de Saint-Étienne (Protéus) et de Clermont-Ferrand (Régional CAE, groupe Air France), enfin la première ligne à bas coût vers Londres exploitée par Buzz (2002). Mais, réunis par Le Journal du palais avec la complicité de la base aérienne de Longvic, les acteurs du dossier Renaissance et les entrepreneurs de l’industrie et du tourisme ont, chacun à leur tour, expliqué les facteurs qui laissent espérer que les prévisions optimistes de Renaissance (265.000 passagers à l’horizon 2013, une offre de liaisons aériennes domestiques et internationales, un programme charter renforcé) sont susceptibles de devenir, cette fois, réalité. À condition naturellement que les collectivités locales manifestent une volonté politique commune de voir se développer le trafic aérien et financent ensemble un investissement estimé à 15,5 millions d’euros sur dix ans : le Conseil régional a voté son engagement, le Grand Dijon a mis le sujet à l’ordre du jour le 18 mai, le Conseil général devrait être aussi de la partie.

Premier facteur favorable, propre à Dijon: la diminution du trafic militaire laisse davantage de place à une éventuelle activité civile, explique le colonel Olivier Erschens, qui commande la base aérienne. D’autre part, pour la première fois, des élus prennent le dossier en mains : François Patriat, président du Conseil régional, n’hésite pas à afficher publiquement qu’il y croit. Du coup, le dossier aéroportuaire dijonnais redevient « crédible », aux yeux notamment des opérateurs, se réjouit Patrick Laforêt, président de la CCI de Dijon.
Deuxième série de facteurs favorables au projet Renaissance : la mondialisation de l’économie rend nécessaire la mise en place de liaisons directes et rapides – le TGV, même s’il met Paris à 1h40, ne suffit plus à attirer investisseurs et touristes.Les entrepreneurs confirment: aussi bien Daniel Magyar, directeur général du fabricant éponyme de citernes, qu’Emmanuel Chevasson, directeur de Gealan, dont la maisonmère se situe en Allemagne, et Benoit de Truchis, responsable export de la maison de spiritueux nuitonne Joseph-Cartron. À l’évidence, la concurrence exercée par d’autres territoires mieux desservis doit aussi pousser la Bourgogne à se doter d’une plateforme aérienne.

LE LOW COST, NOUVELLE DONNE Enfin, l’émergence des compagnies à bas coût, qui pèsent 30% du trafic de l’aéroport de Nice, rappelle Yves Raynaud, ancien directeur de la CCI de Nice et consultant qui a travaillé sur Renaissance, constitue une donne nouvelle. Elle redonne leur chance à des aéroports négligés par les compagnies traditionnelles, en particulier par Air France, qui n’a jamais cru en Dijon. Et elle provoque un profond changement de comportement des touristes, commente Didier Martin, président du Comité régional du tourisme, le développement des liaisons à prix modique risquant de faire perdre à la Bourgogne son statut de terre de passage. Faut-il enfin croire que l’avion entre dans les moeurs, dans une région traditionnellement ferroviaire? La ligne aérienne Dijon- Nevers, lancée en novembre, affiche ainsi un taux de remplissage inespéré (60% et même 90% pour la rotation Nevers-Dijon-Nevers) parce qu’elle rend un véritable service, souligne Patrick Dupire, directeur général de la CCI de la Nièvre. Au-delà de l’unanimité manifestée lors de ce dîner-débat, la prudence s’impose à deux titres au moins. Philippe Magnen, cofondateur de Protéus, souligne combien il serait hasardeux de rouvrir une liaison avec un hub du type clermontois, économiquement intenable. Quant à Yves Raynaud, il tempère l’enthousiasme ambiant en soulignant que le dossier n’est pas encore bouclé et qu’il faudra attendre encore plusieurs mois avant que les travaux ne soient achevés, que les compagnies ne puissent envisager de s’y poser et que Dijon-Bourgogne réapparaisse sur les cartes de vol.
 
Textes: Patrice Bouillot et Patrick Lebas
Photos : Michel Ferchaud
«Dijon-Bourgogne est une destination qui intéresse Ryan Air»
Matthieu Glasson, responsable commercial France de Ryan Air
Le Journal du palais. Pouvez-vous nous confirmer que la destination Dijon-Bourgogne intéresse la compagnie Ryan Air?
- Matthieu Glasson. Nous sommes toujours intéressés à ouvrir de nouvelles lignes. En l’occurrence, Dijon nous intéresse à plusieurs titres. La ville présente une belle situation géographique, il n’y a pas d’autre aéroport à moins de 200 kilomètres et la région offre des atouts séduisants pour les touristes (gastronomie, vins…) mais aussi pour la clientèle d’affaires. Il ne faut pas oublier en effet que les entreprises ne sont plus récalcitrantes à faire voler leurs cadres ou leurs clients avec Ryan Air, qui propose des tarifs 50% moins cher. À titre d’exemple, je peux citer Unilever, qui possède une grosse unité à Dijon, et dont les dirigeants manifestent un grand intérêt à la mise en place de liaisons directes.
- Combien de temps vous faudrait-il pour rouvrir une liaison au départ de Dijon ? Quand peut-on espérer décoller ?
- Nous pouvons aller très vite : nous avons « ouvert » Nîmes et Biarritz en deux semaines! Mais pour cela, il nous faut avoir en mains tous les éléments techniques (l’analyse des caractéristiques de l’aéroport, l’obtention de créneaux horaires de la part de la Direction générale de l’aviation civile, les études de marché, la reconnaissance de l’aéroport quand c’est une première ouverture) mais également politiques – et de ce point de vue, les élus locaux doivent manifester une volonté forte de nous accueillir.
- Ces conditions étant sur le point d’être réunies,qu’êtes- vous en mesure de proposer comme destination(s) au départ de Dijon ?
-Londres est a priori la desserte la plus prometteuse. Une liaison vers Stansted serait très bien, ou, si aucun créneau n’est disponible, vers Luton. Mais nous pouvons aussi imaginer de relier la Bourgogne à Shannon, à Nottingham, à Liverpool, à Glasgow ou encore à Dublin. Voire, à l’avenir, à d’autres pays européens.
- D’aucuns continuent de critiquer les compagnies à bas coût, estimant notamment qu’elles sont dévoreuses d’argent public…
-Nous sommes soumis aux mêmes règles que toutes les compagnies aériennes. Les régions qui nous accueillent n’ont jamais de mauvaises surprises! Bien au contraire: nous sommes la seule compagnie aérienne qui ne prend aucune part de marché aux autres mais qui crée son propre marché. Quand nous nous posons quelque part, nous «créons» 50.000 ou 100.000 passagers par an. Et on nous remercie plutôt pour cela: à Bergerac, nos passagers dépensent chaque année 300 millions d’euros dans le Périgord, pour 300.000 euros d’investissement marketing de la part des collectivités locales.

MARCHES PUBLICS
Se rendre la plate forme de dématérialisation des marchés publics
PARTENARIATS
SABINE - Salon du bâtiment innovant du Nord-Est

Voir la liste de nos partenaires

Le réseau des Business Angels en Midi-Pyrénées


PUBLICITE
Plan du site / Contacts / Webmestre