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Economie
Edition du 04/06/2012 au 10/06/2012

Avec son plan "Cap 2015", Louit veut devenir une ETI

Louit veut devenir une entreprise de taille intermédiaire (ETI) dans les prochaines années. L’entreprise gersoise, basée à Saint-Germé et spécialisée dans la chaudronnerie aéronautique de précision, a lancé en 2012 un plan ambitieux. Intitulé « Cap 2015 », il prévoit un doublement de l’activité à l’horizon 2015. Sachant qu’en 2011, le CA était de 8,1 M€, l’ambition est de dépasser les 16 M€ en 2015, tout en passant d’un effectif de 120 personnes à celui proche de 200 salariés (le seuil d’une ETI est de 250). En commençant par passer le cap des 10 M€ de CA, dès 2012.

DE FAMILIALE A INDUSTRIELLE

Il s’agit de la troisième phase du plan de croissance enclenché par Bruno Lepoutre depuis son arrivée à la tête de l’entreprise en 2003. Un retour en arrière s’impose pour comprendre l’évolution de cette PME sur les dernières années ainsi que le programme des cinq ans à venir. Alors familiale et artisanale, basée à Riscle, l’entreprise devient industrielle, dans un contexte de forte croissance. De 2003 à 2008, pendant la phase de structuration de l’entreprise (essentiellement fournisseur d’Eurocopter, Turbomeca et Daher Socata), elle passe d’un CA de 3,3 M€ en 2002 à 8,8 M€ en 2008 : un CA presque triplé en cinq ans ! Son effectif grossit en parallèle de 40 à 125 personnes fin 2008. Pendant cette période, Louit se lance sur un nouveau créneau, celui des pièces de structures de moteur (alors qu’elle réalisait jusqu’alors les pièces d’habillage), nécessitant un investissement de 1 M€ entre 2004 et 2006. Un segmentdéveloppé auprès des clients existants dans un premier temps.L’étape suivante est de quitter les locaux vétustes afin de « présenter une nouvelle vitrine et d’entrer chez de nouveaux clients », explique Bruno Lepoutre. C’est dans cette seconde phase que se lance Louit entre 2008 et 2009. Une usine flambant neuve est ainsi mise en service en août 2009 à Saint-Germé (lire par ailleurs). Mais la crise met un coup d’arrêt aux ambitions affichées : entre septembre 2009 et août 2010, l’activité mensuelle diminue de 40 % par rapport à l’année de référence de 2008. « Nous avons décidé de ne pas licencier, de resserrer nos efforts sur les CDI et de mettre en place un plan de formation », précise le président. L’effectif passe néanmoins de 125 à 95, avec le départ des contrats temporaires. Le CA tombe à 6,7 M€ en 2009 et 6,1 M€ en 2010. Dans le même temps, Louit met à profit son nouvel outil pour trouver de nouveaux marchés et clients en vue de la reprise, entrant sur de nouveaux programmes chez Microturbo, Snecma et Figeac aéro. Mi-2010, la restructuration de la dette menée avec FSI Région permet de surmonter les difficultés financières. 2011 est une année de transition, avec « une reprise vive et pérenne, selon le président, qui permet de retrouver une situation profitable », avec un CA de 8,1 M€ et l’embauche de salariés, qui sont 115 fin 2011.

DEUX ANS DE RETARD

En 2012, « nous sommes enfin dans la situation imaginée quand nous avons lancé l’usine, confie Bruno Lepoutre. Avec un retard de deux ans, nous pouvons engager la planifica-tion du développement de l’entreprise. » Dans le cadre du plan « Cap 2015 », « nous avons déclaré notre intention de devenir une ETI », confirme-t-il. Louit est donc partie prenante dans le dispositif « Croissance PME » lancé au printemps par la Région.Le business plan prévoit un doublement de l’activité entre 2011 et 2015 et le passage de l’effectif de 120 personnes actuellement à 180/200 d’ici fin 2015. « Cela peut paraître ambitieux mais nous n’avons pas construit une usine neuve pour nous cantonner à l’activité passée », justifie le président de Louit. L’objectif, dans un premier temps, est d’élargir son rayon d’action à tous les acteurs français du marché de l’aviation (commerciale comme d’affaires), afin d’équilibrer le compte hélicoptère et le secteur de l’aviation.

L'EXPORT EN LIGNE DE MIRE

Dans un second temps, le but est de cibler les acteurs étrangers, afin de développer l’export. Concentrée sur les sous-traitants français, Louit n’est pas encore positionnée sur ce segment. C’est le grand défi de la société gersoise : « Nous souhaitons démarrer rapidement ce marché de l’export, confirme le président, pour y consacrer 5 à 10 % de notre activité en 2015. Pour l’accroître encore plus tard... » C’est dans ce cadre que la forme d’une ETI apparaît indispensable à la direction de Louit. « Le marché aéronautique appelle des entreprises de plus en plus grandes pour pouvoir s’engager dans des chantiers plus complexes et porter une partie de la charge financière, détaille Bruno Lepoutre. Nous n’avons pas d’autre alternative que de grossir pour être plus visible sur le marché et prendre part aux projets en cours de développement ou en gestation. » Dans ce but, Louit a fait partie, au mois de mars, de la mission d’entreprises de la région qui s’est rendue à Seattle pour nouer des contacts.Afin d’accompagner ces objectifs, un plan d’investissement de 3 M€ dans le matériel soutiendra « Cap 2015 ». En fonction des résultats obtenus, une extension de l’usine est déjà envisagée : « sur 2 500 m2, pour un montant de 1,5 M€, mais seulement si nous sommes en ligne avec nos objectifs », précise Bruno Lepoutre.Dernier chantier pour Louit, celui de la communication. La société ne s’appellera bientôt plus Louit puisqu’un changement de nom est en cours, pour accompagner les transformations. Pour connaître la nouvelle identité de Louit, il faudra attendre septembre.

Mélanie Moncassin



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