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Economie

Le tourisme insolite a le vent en poupe

De la maison flottante du Creusot aux cabanes perchées de Viré en passant par les « carrés d’étoiles », les hébergements touristiques novateurs rencontrent un vrai succès.

C’est une tendance de fond. Alors que les hôtels traditionnels et les gîtes, installés en zone rurale, peinent un peu, un nouveau type d’hébergement, hors norme, émerge en France. De la cabane perchée à la maison flottante (lire ci-dessous) en passant par les chalets scandinaves, ils sont quelques-uns en Bourgogne à tenter de renouveler le parc des logements touristiques pour développer une offre insolite. Un projet s’avère particulièrement prometteur : celui porté par Nathalie et Louis Blanco, à la tête de la société Esprit campagne, baptisé « Carré d’étoiles ». Un cube à l’architecture audacieuse, transportable, qui permet de dormir à la belle étoile tout en bénéficiant du confort d’un intérieur très cosy. Surmontée d’un dôme transparent qui permet d’observer le ciel depuis le lit en mezzanine, cette habitation de neuf mètres carrés se posera dès le printemps prochain, discrètement, partout en France, et peut-être en Saône-et-Loire, où un exploitant touristique étudie cette opportunité de développement. « L’espace rural est la principale destination des Français,en terme de nombre de séjours,et la deuxième destination derrière la mer en terme de nombre de nuitées, explique Nathalie Blanco, la directrice d’Esprit campagne. Mais les touristes,aujourd’hui,délaissent les offres standardisées pour privilégier le sur mesure et l’atypique. » C’est tout le pari d’Esprit campagne qui, dès 1999, a développé les « Domaines de campagne », d’abord dans la Nièvre, avec 66 villas hôtelières tout en bois, et une exploitation proche des resorts hôteliers à l’étranger. En 2003, le couple a souhaité élargir son offre, en lançant un hébergement à bord de roulottes. Avec succès : en France, 48 destinations proposent ce type d’hébergement, dont le taux moyen d’occupation s’établit à 55 %, pour un revenu moyen annuel par installation de 10.800 euros. « Le concept Carré d’étoiles vient compléter ces deux concepts, souligne Nathalie Blanco. Il s’inscrit parfaitement dans la tendance du consommateur nomade (qui multiplie les courts séjours, veut découvrir de nouveaux espaces, désire le dépaysement mais aussi un retour aux sources), tout en répondant à son désir de nature et de confort. » De fait : chaque « carré d’étoiles » est équipé, outre d’un beau mobilier, d’un écran plat avec prise MP3 ou encore d’une cheminée au bioéthanol. Défini par Louis Blanco, le concept a été réalisé avec la participation d’un jeune designer parisien, Marc Mourot, et de la société Sorec-Mobilier, à La Charité-sur-Loire, spécialisée dans la conception et l’agencement d’espaces. Le coût du développement 199.000 euros) comprend la mise en place d’un service internet, avec réservation en ligne, pour tous les prestataires qui souhaiteront exploiter ce type d’hébergement, qu’ils soient à la tête d’un hôtel de charme, d’un hôtel de chaîne, d’une agence événementielle, d’un parc d’attractions, ou qu’ils soient une collectivité, un particulier ou un promoteur. Car c’est tout un réseau qui va se mettre en place, avec une exploitation de type franchise. L’investissement – 25.000 euros pour un module – possède une durée d’amortissement très courte (entre deux et cinq ans selon le taux d’occupation). De quoi séduire les professionnels du tourisme… Alexandra Caccivio Dormir en cabaneLorsque Jean-Christophe Robinet a repris la maison de famille, il y a huit ans à Viré, il avait en tête un projet plutôt sage. De fait, aujourd’hui, dans un domaine de cinq hectares avec piscine, il gère cinq chambres d’hôtes et une salle réservée aux séminaires, auxquelles il a ajouté deux gîtes. Mais quelle idée lui est passée par la tête ? En 2007, il inaugurait, au sein du domaine de Poiseuil, ses premières cabanes – l’une, familiale, pour accueillir selon les normes de sécurité parents et enfants, l’autre, perchée à huit mètres de haut, pour héberger les couples. Aujourd’hui, le succès est tel que tous les week-ends sont réservés jusqu’en novembre, malgré l’inauguration, début 2008, d’une troisième « maison dans les arbres ». « C’est un rêve d’enfant,pour beaucoup,que de dormir perché dans une cabane, avance Jean-Christophe Robinet. À tel point que cela fonctionne mieux que les chambres d’hôtes. » Même l’hiver, les clients répondent présent, quitte à se vêtir chaudement, pour dormir dans un espace éclairé à la bougie. Face à l’engouement suscité par son initiative, Jean-Christophe Robinet a ouvert récemment deux tipis en bois. Au total, les cabanes et tipis génèrent un chiffre d’affaires annuels de 70.000 euros, contre 60.000 euros pour les chambre d’hôtes et gîtes. Pour autant, son investissement dans ces logements hors normes (170.000 euros au total) pèse dans son activité. « Les banquiers, raconte-t-il, n’ont pas voulu financer ce projet. J’ai donc dû l’autofinancer, avec des crédits type à la consommation, à des taux hallucinants. » Pas facile d’innover. Le chef d’entreprise, après les banques, a dû batailler avec les assurances, qu’il a rassurées par un audit sécurité habituellement réservé aux parcs d’attractions.

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