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Portrait
Edition du 14/01/2013 au 20/01/2013

Vous êtes de la famille?

Ce photographe, spécialiste du reportage de mariage recevra le 28 janvier prochain à Chalon-sur-Saône la médaille d’argent de la photographie professionnelle française.

La mariée vérifie une dernière fois sa robe, une heure avant la cérémonie. Un moment de calme... En apparence seulement. La tension est là, palpable. Antoine Morfaux, photographe spécialisé dans le reportage de mariage déclenche. « L’image est réalisée sur le vif, pas de pose, pas de mise en scène. Je raconte le mariage avec ses émotions et ses ambiances, je cherche des photographies simples et sincères. » Au final, le cliché sera tiré en noir et blanc. Un choix qui permet de retranscrire au mieux l’atmosphère du moment. Dans cet équilibre d’ombre et de lumière, la partie d’échecs qui se joue entre sérénité et inquiétude est ainsi pleinement restituée. « “Vousêtesdelafamille ?”medemandent souvent les invités. Une question révélatrice de ma méthode de travail. Je me fonds parmi les convives. J’essaie de me trouver au bon endroit au bon moment, en toute discrétion, sans m’imposer. » Par sa démarche, Antoine Morfaux entend dépoussiérer la photographie de mariage, balayer les clichés qui lui sont attachés. En lieu et place de la traditionnelle séance de groupe à la sortie de l’église et des portraits posés, organisés, du jeune couple, le photographe propose un véritable reportage en immersion au cœur de l’évènement. Mais avant de développer davantage ce qui fait sa différence, un zoom arrière s’impose. Interrogé sur ce qui l’a fait flasher pour la photographie, sur les premiers cadrages qui l’ont fait entrer dans le huitième art, Antoine Morfaux a la mémoire floue. La mise au point s’avère difficile : « cela remonte à ma plus tendre enfance...

Du plus loin que je me souvienne, je me vois un appareil à la main. » Des prédispositions mises en lumière par une culture du cliché sur papier glacé pléthorique dans la famille d’Antoine. On y trouve autant de portraitistes, de spécialistes du paysage, que d’amateurs de la photographie animalière. « Avec mon père, je me suis initié aux tirages noir et blanc. J’ai en mémoire de longues heures passées dans la cave à révéler nos portraits et paysages capturés dans la journée. » Adolescent, il se découvre un certain talent pour la photographie sportive. Et pourtant, celui qui aujourd’hui s’est fait un nom dans le reportage de mariage, ce spécialiste des cérémonies d’engagement hésite... « Je ne pensais pas pouvoir faire de cette passion mon métier. La vie d’artiste, son caractère précaire et bohème, je n’en voulais pas. » Alors, quand le choix des études s’impose à lui, le jeune Antoine opte pour une filière porteuse. Il monte à Paris et intègre math sup, puis math spé, en 1998, dans l’objectif de faire carrière dans l’informatique. Très vite, l’aspect créatif lui manque. Il comprend que cette voie qu’il s’inflige se situe à contre-champ de ce qui le motive. Le futur photographe quitte alors le binaire pour le grand air. Reflet de ses week-ends en culotte courte passés dans la campagne de Pouillyen-Auxois, il entreprend un BTS gestion forestière en Auvergne. Diplôme en poche, il sera le garant de la bonne santé des forêts de Haute-Marne puis d’Auxerre durant sept ans. Vient 2008, l’année du déclic : la photographie – qui ne l’a jamais vraiment quitté, occupant l’essentiel de son temps libre se rappelle à lui et s’impose finalement au premier plan. Antoine Morfaux franchit le pas et crée, à trente ans, l’entreprise Photo 21, installée à Châtillonsur-Seine. Le photographe développe alors un service photo dédié aux grands évènements sportifs mobilisant les milieux du marathon et du cyclisme. La société se fait un nom et décroche des partenariats exclusifs avec le semimarathon de Beaune, le marathon de Metz et de Paris. Parallèlement, l’activité reportage de mariage née en même temps remporte un vrai succès. A tel point qu’Antoine Morfaux est contraint de vendre la division sport début 2012. Dès lors, la photographie de mariage engage l’artiste pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur prend la forme d’une médaille d’argent, catégorie mariage, de la photographie professionnelle française, que le côte-d’orien recevra le 28 janvier au musée de la photographie Nicéphore Niépce de Chalon-surSaône. Décernée par le Groupement national des photographes professionnels (GNPP), cette médaille récompense son approche à la fois naturelle et poétique de la photographie de mariage. Ainsi reconnu par ses pairs, Antoine Morfaux se voit confirmé dans son choix de carrière. « Selon l’angle par laquelle je l’aborde, la photographie de mariage est pour moi un exercice vraiment passionnant,


1977
Naissance le 31 octobre, à Dijon.

1998
Prépare math sup, puis math spé, souhaitant faire carrière dans l’informatique.

20OO
Obtient son BTS gestion forestière en Auvergne. Travaille dans les forêts de Haute-Marne puis d’Auxerre durant sept ans.

2008
Crée l’entreprise Photo21, spécialisée dans la photographie de mariage et sportive.

2013
Obtient la médaille d’argent de la photographie professionnelle française. Prévoit au printemps prochain, l’ouverture à Dijon d’un studio photo consacré au portrait.


offrant une vraie latitude pour s’exprimer. Le marché de la photo est certes très concurrentiel, mais à partir du moment où l’on sait se démarquer, que l’on fait de la qualité, le succès est forcément au rendez-vous. »

Bientôt un Studio à Dijon

Et sur la question de la place prise par les amateurs et autres auto-entrepreneurs, là où nombreux sont ceux qui crient à la concurrence déloyale, lui y voit une émulation, une opportunité de tirer l’exigence de qualité vers le haut. Des préparatifs riches en instants symboliques ( essayages, coiffure, maquillage... ), à la soirée aux images aussi chargées en émotions que celles de la cérémonie, Antoine Morfaux développe un enchaînement de photographies spontanées, qui évoquent plus qu’elles ne montrent et donne in fine aux observateurs externes l’impression d’avoir été présents. Côté technique, cet artiste conteur d’instants magiques par l’image, qui cherche la photographie vivante, naturelle, sincère et délicate, alterne les plans rapprochés au grand angle, les photographies d’ambiance, panache couleur et noir et blanc et use du flou onirique. « Plus que l’action, je cherche la réaction des mariés, des invités. Mon regard se porte souvent à l’inverse de tous... Il me faut anticiper, deviner à l’avance ce qui va se passer. La photo ne se compose pas dans le viseur. Pour saisir un moment forcément furtif, il faut que j’aie déjà dans la tête la focale et les différents réglages pour n’avoir plus qu’à déclencher. En cela, mon travail se rapproche du photo-reportage journalistique. Prises sur le vif, mes photographies représentent les personnes telles qu’elles sont réellement. L’objectif étant de livrer un témoignage le plus juste possible, émotionnellement fort, de ce jour exceptionnel pour ceux qui ne sont pas là, ou plus tard pour ceux qui n’étaient pas encore là. » Antoine Morfaux balade son appareil photo de la Bourgogne à la Champagne en passant par la Franche-Comté. Curiosité : ses clients sont à 40 % étrangers. « Je fais beaucoup de reportages entre Beaune et Dijon, dans les domaines et châteaux viticoles. Mes clients venus des Etats-Unis, d’Amérique du Sud ou de Chine sont des amoureux de la région et des passionnés de vins. Il n’est pas rare qu’ils soient chevaliers du Tastevin. J’ai été plus d’une fois touché par des cérémonies laïques sur le thème du vin. » Ému, Antoine Morfaux, l’a également été lors d’un mariage franco-chinois réalisé dans les murs chargés d’histoire de la Villa Palladienne à Syam dans le Jura. D’autant que pour lui, la magie s’est poursuivie à Hong Kong, à l’invitation des mariés, pour la seconde partie de leur union. Dépaysement garanti. Côté commande, Antoine Morfaux couvre environ 25 mariages par an, essentiellement concentrés sur la période de mai à octobre. Une saisonnalité qui pousse le photographe a diversifier son activité. L’homme assure ainsi le reportage photographique, des baptêmes, anniversaires et autres réceptions privées et prévoit pour le printemps prochain l’ouverture d’un studio dédié aux portraits de tous les âges à Dijon.

Frédéric Chevalier



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