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Economie
Edition du 26/08/2010 au 01/09/2010

Une production en berne

La nouvelle récolte débute et s’annonce belle. Mais les arboriculteurs du département ont l’impression de ne pas sortir la tête de l’eau et s’inquiètent.

En cette fin estivale, commence la première récolte nationale des pommes... Ainsi ledicton, “lapommedumatin tue le médecin”prendra toute son ampleur. Surtout que la récolte régionale s’annonce qualitative. Cette année, les pommes seront à croquer. Mais est-ce pour cela que les pomiculteurs seront mieux servis et que le fruit de leur culture sera bénéfique? Certains dispositifs, concernant les travailleurs occasionnels, ont été mis en place pour aider les arboriculteurs à se maintenir dansdemeilleuresconditions. Cependant cela ne suffit pas à donner un véritable coup de pouce.

EXONÉRATIONS

Souvenez-vous. En juin dernier, les pomiculteurs étaient inquiets de leur sort et s’étaient réunis afin de s’extraire de la crise qui mine la filière. Mais les solutions proposées sont restées vaines. Les investissements ne sont pas évident à réaliser et la politique tarifaire n’a pas changé. Pourtant les producteurs ont bénéficiéenjanvier2010, d’un nouveau dispositif d’exonération des charges patronales de cotisations, afin de favoriser l’emploi des travailleurs occasionnels. Ce nouveau dispositif permet une exonération totale pour une rémunération inférieure ou égale à deux et demi du smic mensuel, et une exonération dégressive pour une rémunération mensuelle inférieure ou égale à trois smic. Cependant, la durée de l’exonération de cent dix-neuf jours par salarié et par employeur est maintenue. Ajouté à cela, il existe une cotisation formation, une cotisationAFNCA( Associationpour le Financement de la Négociation Collective en Agriculture) et l’ANEFA( Association Nationale pour l'Emploi et la Formation en Agriculture) de quoi enlever un poids aux producteurs. Alors pourquoi, la filière se maintient-elledansunemauvaise passe?

PRODUCTION DIFFICILE

En fonction des mois et des stations arboricoles, le département compte de juin à juillet, six mille à huit mille travailleurs occasionnels et de vingt à vingt cinq mille à partir du 15 août jusqu’en octobre. Parmi, lesétrangersreprésentent 10% de la main-d’oeuvre.Car en Espagne, en Italie, en Pologne et même en Allemagne, les travailleurs sont payés 6 à 7 euros de l’heure, contrairement en France où le coût du travail s’élève entre 10,50 euros et 11,50 euros de l’heure. Mais c’est là que se trouve le point noir. Les aides, du côté des employeurs, sont au final insuffisantes, et la concurrence avec les autres pays étrangers est trop conséquente. Alors le chiffre d’affaires annuel n’est pas celui espéré et certaines productions diminuent. “La production de fraise est mêmedevenue marginale dans le Tarn-et-Garonne car le prix de reviens en Espagne est de 30% de moins qu’ici” explique Yvon Sarraute, représentant de la filière pomme au sein de la chambre consulaire. Et de poursuivre “Le département a perdu trois mille hectares de production de fruits depuis six ans et cela risque de perdurer”. Aujourd’hui, le département compte à son actif douze à treize mille hectares réquisitionnés pour la production de fruits et légumes et environ deux mille producteurs s’acharnant à obtenir de belles récoltes. Pour l’anecdote, unhectaredefruitsreprésente mille cinq cent à deux mille heures de travail. Être au petit soin coûte du temps et de l’argent. Et ce n’est pas le travail quiestremisencause. Lesproducteurs sont tributaires de la parité euros et dollars. Quand le dollar est en berne alors les bénéfices chutent. Mais cela n’est pas de leur ressort. Ils attendent surtout à l’échelle nationale une harmonisation des méthodes de production. Cela porte sur les multiples restrictions d’ordre phytosanitairesetlataxe TGAP ainsi que sur la politique tarifaire qui inclut un prix trop bas sur le marché par rapport au coût de production. Et hâlte aux idées reçues. Les traitements effectués afin de diminuer les maladies et de favoriser la récoltenesontpasbénéfiques pour le chiffre d’affaires puisquequ’aufinal, celacoûte plus cher que ça ne rapporte. “Depuis le 1er juin, les producteursdudépartementn’ont recoursàaucuninsecticide.Les vergers sont protégés par des filets”expliqueYvon Sarraute. Et ce procédé ne serait pas pour déplaire aux défenseurs d’une agriculture plus naturelle... Cela dit, il reste encore un frein pour la santé économique de la production, cette fois-ciducôtédelagrandedistribution et de ses réductions à outrance. “Tirer les prix à la baisse n’aide plus” conclue Yvon Sarraute

J.L



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