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Economie

Un franc : c'est quoi deja ?

Cela fait déjà huit ans que l'euro a été introduit comme monnaie officielle. Au début, ça n'a pas forcément été facile de passer du franc à l'euro. Mais aujourd'hui, il semble que plus personne (ou presque) ne fasse la conversion. Enquête sur le marché de Vienne.

« Un euro, c'est six francs et cinquante six cents environ ». Voilà une phrase que l'on entendait très souvent il y a huit ans, pour faire comprendre au cerveau que les choses étaient en train de changer. Une phrase qu'on aurait presque oubliée. L'euro a été instauré officiellement en 2002 et aujourd'hui, cela paraît presque naturel de payer à coups de deux, dix ou vingt euros. Ou alors, est-ce l'esprit humain qui préfère, consciemment ou inconsciemment, éviter la conversion, pour ne pas se rappeler le bon vieux temps des bonbecs à un franc ?

LA CONVERSION, ÇA PEUT FAIRE « PEUR »

... « Je fais la conversion uniquement lorsque je reçois mon relevé de compte, j'aime savoir combien cela fait en franc, témoigne Lucette Chaudier, une Viennoise de 86 ans. Mais pour le reste, comme quand je vais au marché, je ne calcule pas. » Une attitude qui semble être générale : « pour les grosses sommes comme une voiture par exemple, je fais le calcul, mais pour une baguette de pain, non, cela me ferait d'ailleurs peur! », lance Emilie, une étudiante colombine de 26 ans. Peur, mais pourquoi ?, pourrait-on se demander. Attendez de lire la suite des témoignages pour mieux comprendre... ...

CAR L'EURO EST BEAUCOUP PLUS CHER

« L'euro ne me pose aucun problème, je fais parfois la conversion pour m'amuser, pour mon salaire par exemple », confie Vincent Moulin, 49 ans, de Serpaize. Un amusement qui ressemble plutôt à un rire jaune: « la différence de prix entre le franc et l'euro est phénoménale ». Voilà donc l'explication de cette peur citée plus haut. Une peur qui se confirme lorsqu'on compare l'euro au franc, le premier étant beaucoup plus élevé que le deuxième. Une bonne raison effectivement de ne pas trop abuser de la conversion. « Pour le pain et les viennoiseries, on peut se dire que ça n'est pas cher mais même 1 euro, quand on regarde combien cela fait en franc, on voit bien que c'est très cher par rapport au produit! », assure Lauriane Dayme, 21 ans, de Sainte-Colombe. Son petit ami, lui, ne cherche pas du tout à faire la conversion, même par curiosité: « on vit avec, maintenant! ».

LES COMMERÇANTS SE SONT AUSSI HABITUÉS

Et du côté des commerçants viennois, fait-on encore la conversion? « Oui, uniquement quand il s'agit de très grosses sommes, car c'est plus parlant », explique Catherine Godon d'Albègue, une des trois co-présidentes du groupement Envie de Vienne. Pas au quotidien, donc, c'est-à-dire lorsqu'un vendeur ou un responsable de magasin encaisse ses clients. Enfin plus maintenant, car les premiers temps ont dû être bien difficiles, comme le raconte cette ancienne commerçante viennoise, âgée de 42 ans: « ça a été long, j'ai eu du mal au début, mais aujourd'hui on a un peu oublié tout ça! 1 euro devient dans la tête l'équivalent d'1 franc...ce qui est faux en fait!!! ». Et c'est peut-être là que ça fait mal, car 1 n'est pas égal à 1. Dommage !

CHARLOTTE GAZARIAN



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