Votre journal économique : Le Journal du Palais
Abonnez vous pour profiter de l'intégralité de nos services !
Nos services
Nous contacter
Contactez une autre édition

Loisirs. Le promoteur retenu par la ville de Quetigny pour reconstruire le complexe Cap vert et l’actuel exploitant du site n’ont pas réussi à s’accorder sur un projet commun. Ce dernier occupe toujours les locaux, illégalement selon le maire…Les enfants qui s’amusent dans le centre aquatique de Quetigny n’ont évidemment aucune idée du différend qui oppose les trois protagonistes de « l’affaire Cap vert ». Ou plutôt « des affaires Cap vert ». Les jours qui viennent vont être décisifs dans le feuilleton compliqué qui a débuté il y a tout juste un an. Ce mardi, le juge des référés du tribunal administratif de Dijon doit se prononcer sur l’arrêté d’expulsion émis par la ville de Quetigny à l’encontre des sociétés du groupe CG Finances, qui occupent toujours les locaux du Cap vert. Et le 8 septembre, le juge du tribunal de commerce de Dijon se prononcera, lui, sur le désaccord entre CG Finances et Icade, le promoteur retenu par la ville pour reconstruire le complexe de loisirs. Petit retour en arrière. Septembre 2009. Dans sa mairie, Michel Bachelard annonce que la ville de Quetigny a retenu le projet du promoteur Icade pour reconstruire le complexe de loisirs du Cap vert. Situé à l’entrée de la ville, le site regroupe un hôtel, un restaurant, un centre de fitness, des salles de squash et de badminton et un centre aquatique. Vingt ans plus tôt, en 1988, le Cap vert avait ouvert ses portes, à l’initiative de la mairie, pour conforter le pôle commercial de Quetigny alors que la Toison d’Or sortait de terre au nord de la ville. La gestion du complexe, d’abord assurée par une société d’économie mixte, est confiée, en 1995, à la société CG Finances, par le biais d’une délégation de service public (DSP). Ce dispositif est justifié par le fait que les enfants des écoles de la commune viennent pratiquer la natation dans le centre aquatique, et par le fait que la ville propose un tarif préférentiel aux habitants de Quetigny. Cette DSP ne concerne qu’une partie de l’exploitation du site, une autre faisant l’objet d’un bail commercial entre la ville, qui reste propriétaire des bâtiments, et CG Finances. Christophe Gonnet, gérant de CG Finances, demande aujourd’hui à la justice de « requalifier » la DSP en bail commercial. « Je n’imagine pas une seconde que cette DSP puisse être annulée, assure Michel Bachelard. Le préfet l’a signée, la chambre régionale des comptes elle-même ne l’a jamais contestée. » Si la décision du juge lui est favorable, Michel Bachelard annonce clairement qu’il aura recours à la force publique, le cas échéant, pour faire évacuer les lieux.
Icade, pour sa part, est le vainqueur de l’appel à projets lancé par la ville de Quetigny pour imaginer un nouvel avenir au site. La piscine olympique du Grand Dijon étant toute proche et les locaux nécessitant d’importants travaux de rénovation, la ville de Quetigny avait lancé une consultation. Rénovation ou reconstruction, toutes les options étaient ouvertes pour l’avenir du Cap vert. Icade propose de démolir tous les bâtiments et de reconstruire un complexe comprenant un hôtel, quatre restaurants, des salles de séminaires, un centre de fitness mais également un cabaret dont il entend confier la gestion à… CG Finances. Le projet initial prévoit même une extension du cinéma Cap vert tout proche, idée abandonnée depuis. C’est sur ce point que débutent les difficultés : entre septembre 2009 et mai 2010, Icade et CG Finances ne parviendront pas à s’accorder « sur la chose et sur le prix », CG Finances devant acquérir une partie des locaux pour y exploiter le cabaret et le centre de fitness. « Nous étions partis sur 3.000 mètres carrés pour 2,1 millions d’euros, explique Christophe Gonnet. Quelques mois plus tard, on était à 3,8 millions d’euros, c’est n’importe quoi. » « Apparemment, on ne parlait pas de la même chose, analyse pour sa part Michel Bachelard. Le prix n’est pas le même selon qu’on livre des locaux vides ou des locaux tout équipés. » Le protocole entre les deux sociétés n’a donc jamais été signé, « alors que nous étions d’accord sur tout sauf quelques détails », indique pour sa part Christophe Gonnet, qui obtient même intervention d’un mandataire du tribunal de commerce, en vain. Aujourd’hui, CG Finances demande à la justice d’acter le fait qu’il y a bien eu accord au moins verbal entre les deux sociétés – Icade n’a pas souhaité répondre à nos questions. Pas de protocole, pas de vente non plus. La signature de l’acte, prévue en novembre 2009, échoue à deux reprises. La première fois parce que CG Finances n’était pas en mesure de présenter des garanties financières. La seconde parce que le permis de construire (retiré depuis) n’était pas validé et purgé de tout recours. « Faute d’accord entre les deux parties, nous ne pouvons accepter que CG Finances continue d’occuper les locaux et encore moins qu’il accueille du public, explique Michel Bachelard. Nous sommes propriétaires des locaux, nous ne pouvons pas prendre le risque de les laisser occupés alors qu’Icade doit les acquérir. » Mais Christophe Gonnet ne l’entend pas de cette oreille. L’exploitant avait espéré que les travaux soient phasés, de sorte qu’il puisse continuer à travailler et ne procède à aucun licenciement. Mais le complexe, qui avait fermé en septembre 2009, n’avait pas rouvert comme prévu fin novembre, ce qui avait obligé CG Finances à trouver des salles pour accueillir les manifestations de fin d’année qu’il organise traditionnellement. Pour permettre à ses collaborateurs de rester dans les bureaux, le maire avait signé une convention de gardiennage avec CG Finances, prolongée jusqu’à fin juin. L’annulation de la signature de l’acte de vente ayant empêché la réouverture du Cap vert, Christophe Gonnet décide de passer en force : en juillet, malgré l’arrêté municipal interdisant l’accès au site, il rouvre l’ensemble des équipements. À la demande du maire, les gendarmes viennent constater chaque jour que le complexe est bel et bien ouvert – la piscine, dont le tarif d’entrée est réduit à cinq euros, a accueilli environ 200 personnes par jour cet été. « Mieux que rien », indique Christophe Gonnet, qui souligne que, pendant neuf mois, il a pris en charge tous les salaires sans licencier personne. Icade doit désormais proposer à la ville de Quetigny un projet remanié et déposer un nouveau permis de construire. Michel Bachelard souligne qu’il garde sa confiance à ce promoteur. Une seule chose est sûre : s’il voit le jour, le futur Cap vert se fera sans CG Finances.
Patrice Bouillot


Vous pouvez trouver sur notre site des appels d'offres publiés dans nos journaux ainsi que dans des journaux confrères. Utilisez notre moteur de recherche pour trouver des marchés publics près de chez vous !