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Portrait
Edition du 24/01/2011 au 30/01/2011

Le gardien du temple

Cet ancien éminent avocat du barreau de Toulouse préside aux destinées du Stade Toulousain depuis 1992. Il a fait des Rouge et Noir le club de rugby le plus prestigieux de la scène européenne.

photo de René Bouscatel.L’oeil rieur, le président René Bouscatel affiche la mine des grands jours. Son club s’est qualifié le week-end précédent pour un nouveau quart-de-finale de H Cup. Le 13e depuis 1996! Une habitude pour le Stade Toulousain devenu en quinze années de joutes européennes l’équipe phare du vieux continent. Mais ici plus qu’ailleurs, le travail, l’humilité et la remise en cause sont des valeurs permanentes, véritable ciment de l’esprit stadiste. À l’heure du professionnalisme et d’une médiatisation plus accrue qu’auparavant, le président réfute la starification de ses joueurs. « Ils sont au service du collectif et d’une culture du jeu, clé de voûte de notre succès. Ce sont des héritiers ». Le mot est lâché. L’héritage. Celui d’Ernest Wallon, le fondateur du club haut-garonnais en 1907 qui a posé les jalons d’un rugby en mouvement, tant vanté aujourd’hui. Une philosophie perpétuée depuis plus d’un siècle par les dirigeants successifs qui ont tous porté le maillot Rouge et noir avant d’accéder à la présidence. René Bouscatel lui-même s’est distingué pendant plusieurs saisons au poste de troisième ligne. « J’ai pris ma première licence chez les benjamins en 1958 et porté le brassard de capitaine dans toutes les catégories de jeunes avant d’arrêter de jouer à 19 ans. » À cet âge, il devient père d’une petite Cécile et effectue divers petits boulots pour pouvoir payer ses études de droit. Quatre ans plus tard, ce fils d’ouvrier décroche un DESS en droit privé et criminologie avec mention. Dès lors, son ascension est fulgurante. Il quitte son poste d’assistant à la Faculté (obtenu après sa licence) et prête serment au barreau de Toulouse le 1er décembre 1969.

AU COEUR DES ASSISES

« J’ai eu rapidement la chance de plaider des affaires exceptionnelles aux Assises dans les années 1970 et de devenir président de l’Union des jeunes avocats et membre du Conseil de l’Ordre. » Parmi les plus retentissantes, le hold-up avec prise d’otages à la Société générale au quartier Arnaud Bernard en 1971, « le premier hold-up de ce genre en France » ou bien encore, en février 1978, l’assassinat de René Trouvé, correspondant permanent à Toulouse du magazine Le Meilleur, commandité par le docteur Claude Birague, professeur à la Faculté de médecine et figure locale du gaullisme, « une affaire rocambolesque qui avait défrayé la chronique ». Avocat émérite, René Bouscatel atteint le « graal » en devenant Bâtonnier du barreau de Toulouse en 1991-1992. Malgré une activité professionnelle extrêmement dense, ce père de trois enfants ne peut concevoir sa vie sans le rugby «plus qu’un sport, c’est l’école de la vie » et le Stade Toulousain.

STABILITÉ EXEMPLAIRE

En 1987, il entre à la direction du club et accède à la présidence cinq ans plus tard. Lorsqu’il est élu en octobre 1992 en cours de saison, le Stade connaît un problème de gouvernance et des résultats contrastés. Il procède à une révolution en douceur, assainit les finances et demande aux joueurs des « sacrifices financiers ». Sur le plan sportif, il renouvelle sa confiance aux entraîneurs de l’équipe première, Christian Gajan et Albert Cigagna avant de donner les clés de la maison Rouge et noir la saison d’après à Guy Novès et Serge Lairle, connus pour leur rigueur et leur sens tactique, avec pour mission


1946 Naissance à Toulouse
1958 Première licence à la section rugby du Stade Toulousain
1965 Entre à la Faculté de Droit de Toulouse. Naissance de sa première fille, Cécile
1969 Décroche un Dess en droit privé et criminologie. Prête serment au barreau de Toulouse. Exerce la profession d’avocat jusqu’en 2002
1974 Nommé président de l’Union des jeunes avocats de Toulouse. Naissance de sa seconde fille Florence
1978 Naissance de son fils Olivier
1991-1992 Bâtonnier du barreau de Toulouse Depuis
1992 Président du Stade Toulousain. En 2002, il devient le premier président de club rémunéré à temps complet à l’occasion de l’adoption du statut de société anonyme sportive professionnelle (SASP)
2001-2008 Adjoint au maire de Toulouse Philippe Douste-Blazy (2001- 2004) puis de Jean- Luc Moudenc (2004- 2008) chargé de l’urbanisme et de la culture esthétique
Déc. 2010 Leader du groupe « Toulouse Métropole », suite à la scission avec le groupe d’opposition municipale « Toulouse pour tous », présidé par Jean-Luc Moudenc
de décrocher le Bouclier de Brennus dans les trois ans suivants. Le tandem déjoue les pronostics et remporte le titre national devant l’AS Montferrand, le 28 mai 1994. Dès lors, Toulouse règne sur l’ovalie hexagonale en décrochant trois nouveaux Boucliers consécutifs… et conquiert l’Europe le 7 janvier 1996, en remportant la première finale de la H Cup, dans l’enfer gallois de l’Arms Park face à Cardiff. L’alchimie opère entre les expérimentés Portolan, Soula et Deylaud qui encadrent les jeunes Ntamack, Califano, Ougier, Cazalbou, et autre Castaignède. Quinze ans après, le président est fier de pouvoir compter sur un vivier toujours aussi important. «Nous n’avons jamais chamboulé les effectifs. Un tiers de nos joueurs sont issus du centre de formation. Sous ma présidence, nous en sommes à la 5e génération de rugbymen, d’Albert Cigagna (qui a rechaussé les crampons dans les années 1994-1995) à Michel Bézy. Et en matière de recrutement, nous faisons souvent appel à des garçons âgés entre 20 et 23 ans qui font carrière chez nous. » Parallèlement, le club se professionnalise. Et René Bouscatel fait le choix de quitter son cabinet d’avocats pour se consacrer entièrement au Stade. Il devient alors le premier président rémunéré à plein-temps lors de l’adoption du statut de société anonyme sportive professionnelle (SASP), le 1er janvier 2002. La réussite est aussi économique. Il a pérennisé l’indépendance du club basant son économie sur le sponsoring et développant le merchandising via ses boutiques et le Net. Des résultats exceptionnels qui font des Rouge et noir un modèle foncièrement unique.

TOULOUSAIN DE COEUR

Très attaché à sa ville, René Bouscatel a franchi le rubicon de la politique « dans un esprit jamais partisan mais bien dans celui de l’intérêt général ». Élu en mai 2001 sur la liste de Philippe Douste-Blazy, il devient adjoint au maire chargé de l’urbanisme et de la culture esthétique. Lui, qui se revendique sans étiquette, a décidé de se désolidariser du groupe d’opposition municipale « Toulouse pour tous », présidé par l’ancien maire Jean-Luc Moudenc. « Je n’ai pas d’adversaire et aucune ambition personnelle. Avec mes amis, nous souhaitons construire une opposition plus ouverte et constructive afin de hisser Toulouse au rang de métropole européenne. »

Mathieu Arnal



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