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Nous traversons une période décidément bien paradoxale. D’un côté, un taux de chômage qui s’envole pour atteindre la barre symbolique des 10 % de la population active ; une recrudescence d’activité pour les tribunaux de commerce, qui déclenchent des redressements et des liquidations en série… D’un autre côté, des indicateurs à contre-courant : jamais autant d’argent n’a été investi en Bourgogne dans l’innovation, si l’on en croit le bilan annuel d’Oséo ; rarement des projets d’infrastructures d’une telle ampleur n’ont été conduits simultanément – TGV Rhin-Rhône à 2,2 milliards d’euros, tramway de Dijon à 400 millions d’euros, nouveaux hôpitaux à Dijon, à Chalon-sur-Saône, pour plus de 500 millions d’euros… Le bâtiment et les travaux publics souffrent, les chefs d’entreprise prédisent une année 2010 très médiocre, mais les grands programmes d’habitat social se multiplient et les chantiers liés au développement durable (rénovation thermique des bâtiments, développement des capacités de production en énergies renouvelables…) sont engagés comme jamais. La lecture de notre édition de cette semaine permet de se rendre compte du nombre et de la variété des projets en tous genres, ici en Bourgogne en particulier… Les acteurs économiques portent un discours qui tient peut-être de la méthode Coué ? Il n’empêche que cette crise est décidément une drôle de crise. Tenez, les restaurants font toujours le plein, les voyages aussi… Est-ce à dire que le potentiel est là pour sortir de la crise ? Ou alors que l’activité économique est soutenue à bout de bras par les pouvoirs publics, ce qui nous promet une dette publique de plus en plus abyssale portant en elle les germes d’une autre crise, encore plus grave. Méfions-nous donc des apparences.
Patrice Bouillot