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Molière, Racine, ou encore Corneille, tous ces auteurs semblent bien loin du monde de « super héros » d’un petit garçon de cinq ans. Pourtant, c’est à cet âge que Pascal Martin découvre les personnages de Don Rodrigue, Sganarelle, et Phèdre. Grâce à sa tante qui est alors ouvreuse dans les théâtres parisiens, il assiste régulièrement aux représentations du dimanche. Parfois installé dans les loges inoccupées, ou plus modestement sur le bord d’un escalier, il regarde avec admiration les comédiens sur scène. Aujourd’hui, il avoue ne pas forcément avoir tout compris, « le langage était très soutenu ce qui me faisait perdre le fil quelquefois, mais ma fascination pour le spectacle restait intacte ». Alors que les copains préféraient jouer aux billes, Pascal Martin restait « émerveillé par les capes et les coups d’épée du Capitaine Fracasse de Théophile Gautier ». Baigné dans ce monde théâtral jusqu’à l’âge de 15 ans, il quitte finalement les coins sombres du théâtre du dimanche pour les bancs de l’enseignement supérieur, où il passe un DUT informatique. Sa carrière progresse dans le développement et la gestion de projet, au sein d’une société de service dans l’informatique. Éloigné du monde du spectacle vivant durant plusieurs années, il déménage en 2000 dans le nord de Toulouse, dans le petit village de Montastruc-la- Conseillère. Le lieu connaît une forte activité théâtrale, ce qui l’incite à renouer avec ses premières amours. «Afin de m’intégrer plus aisément dans cette nouvelle région, j’ai repris le chemin des cours de théâtre ». Il intègre alors la troupe locale des « Féconds ». Arrivé en début d’année, il commence comme régisseur, pour proposer d’écrire un texte pour la troupe la saison suivante. Cette dernière ne comporte que trois hommes pour huit femmes, or les auteurs contemporains n’ont pas l’habitude de donner tant de rôles féminins dans leurs pièces. Pascal Martin écrit en 2001 « Joyeuses condoléances », sur le thème de la veillée funèbre, un premier texte teinté d’un humour noir. Il se nourrit alors des improvisations jouées par ses camarades pour écrire un recueil de 33 sketchs burlesques. Après avoir joué ces scènes durant une dizaine de représentations, Pascal Martin souhaite faire éditer ses textes. Face au refus des éditeurs, il décide d’utiliser ses compétences informatiques pour ouvrir un site de dépôt de textes. La même année, le site leproscenium. com prend forme, alimenté par les comédiens auteurs de Montastrucla- Conseillère. « Au fur et à mesure, la plateforme Internet a pris du volume, jusqu’à compter aujourd’hui 3000 textes pour 700 auteurs référencés. Nous publions environ deux textes par jour, pour 800 à 1000 téléchargements quotidiens ». Un site devenu une référence. « Les écrits voyagent parfois jusqu’au bout du monde. L’un des miens a même été joué à Hong Kong dans un lycée français ! » s’exclame Pascal Martin. De nombreux
En parallèle à ce travail d’écriture et de gérance de site, Pascal Martin se lance en 2008 dans une nouvelle activité, « Mortelle soirée ». Sherlock Holmes n’a qu’à bien se tenir face à la rude concurrence que lui livrent les enquêteurs de ces soirées. Son idée ? Mettre en scène une enquête criminelle le temps d’un dîner, afin de faire participer les convives à l’élucidation de l’affaire. Aidée par des cartes « autopsie », « empreinte » ou encore « indices », chaque équipe a pour but de découvrir le nom de l’assassin, le mobile et le mode opératoire. Entre amis ou dans son entreprise, l’équipe de « Mortelle Soirée » s’adapte aux différentes attentes, avec des scénarios bien ficelés, proposés en français et anglais. Avec un chiffre d’affaires de 12000 euros en 2009, et qui a déjà doublé en 2010, l’entreprise de Pascal Martin se développe rapidement. En partenariat avec le restaurant toulousain l’Ô3C, l’activité «Mortelle soirée » est proposée chaque semaine ou de façon exceptionnelle lors de soirées programmées sur le site Internet. À 47 ans, Pascal Martin a encore de nombreux projets en tête, comme dispenser des formations aux techniques de questionnement et d’interview au travers de son animation. Une affaire à suivre…
Laura Chenay


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