Votre journal économique : Les Petites Affiches de la Loire
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On l’imaginerait difficilement avec un fusil à la main. Mireille Alex-Perrin, la quarantaine élégante, en bottes, petite jupe noire et foulard rose, nous reçoit avec un large sourire, en s’excusant d’un léger retard. Qui pourrait deviner, au premier abord, que cette amatrice de jazz au look soigné a bâti sa vie avec les armes ? Fort heureusement, l’habit ne fait pas le moine. Et cette fille d’armurier ligérien, devenue elle-même armurière, nous en livre une nouvelle preuve. Jambes croisées et sourire facile, celle qui est depuis 2006 la commissaire générale du salon national de la chasse de Saint-Etienne -autrement connu sous le vocable d’Armeville-, relâche un peu la pression. La dernière édition de ce rendez-vous historique de la chasse et du tir sportif s’est achevée quelques jours auparavant. Au compteur, environ 10 000 visiteurs en trois jours. Des particuliers et des professionnels venus de la région, mais aussi de Suisse et du Midi. Armeville amorce la série des salons de la chasse en France, dont il est l’un des deux principaux, derrière celui de Rambouillet (78). Cette année, si les visiteurs ont été au rendez-vous, les affaires peut-être un peu moins : “Les gens épargnent parce qu’ils ne savent pas de quoi demain sera fait, constate Mireille Alex-Perrin. Acheter un fusil, c’est un plaisir qui peut attendre six mois.” Dans les points positifs, le salon, organisé au Parc-expo par l’Office de tourisme (Totem), accueillait pour la première fois “tous les industriels stéphanois” parmi ses 120 exposants. Un joli coup. Déjà “toute gamine”, la fille de l’armurier et inventeur saint-chamonais Perrin connaissait le salon Armeville. D’ailleurs, cette cadette de trois enfants a longtemps “navigué entre deux eaux”, comme elle le reconnaît en souriant. “Jusqu’à 14 ou 15 ans, se souvient-elle, j’avais le comportement d’un petit garçon, avec la boule à zéro. Je n’avais pas été élevée comme une fille. Au lieu d’apprendre à faire des gâteaux, j’ai pris le tournevis.” Au grand désespoir de l’autorité maternelle. Très vite, la jeune Mireille se rapproche de son père. Après sa sortie de l’école d’armurerie de Saint-Etienne, au lycée Benoît Fourneyron, elle commence à travailler dans son atelier. Jusqu’au jour où, après une “énième engueulade” avec sa mère un vendredi, la jeune fille rejoint Paris dès le lundi suivant pour travailler chez un armurier-revendeur. “J’ai un côté un peu trop impulsif”, confesse-t-elle en riant. Elle commence par l’atelier de réparation puis découvre un autre métier : la vente. “Là, je suis rentrée dans un monde de machos. Au départ, cela m’amusait beaucoup. Il y a des clients qui se crevaient les yeux sur les vitrines pour ne pas avoir à demander un renseignement à une fille.” Mireille Alex-Perrin poursuit son parcours à Avignon avant d’être débauchée par l’allemand Kettner, qui a besoin d’elle dans sa boutique lyonnaise. “Je n’ai jamais fait de recherche d’emploi. On est toujours venu me solliciter”, remarque-t-elle. Le hic, c’est que pour travailler à Lyon, on déconseille vivement à la jeune armurière de taire son nom de famille, bien connu dans le métier. Passablement énervée, elle décide d’ouvrir


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