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Economie
Edition du 15/03/2010 au 21/03/2010

Merlane vise le top cinq des cabinets francais

Conseil. Le cabinet de conseil en management et ressources humaines fête ses vingt-cinq ans cette année. Engagé dans un plan de développement à l’horizon 2015 basé sur une croissance durable, il ambitionne d’être dans les cinq meilleurs cabinets reconnus en France.

Il n’hésite pas à paraphraser Malraux pour envisager l’avenir: «Les prochaines années seront humaines, ou plus précisément relations humaines ou ne seront pas». Jean- Claude Merlane, le fondateur et président du cabinet Merlane, conseil en management et ressources humaines en est persuadé: «C’est par leurs ressources humaines que les entreprises, quelle que soit leur taille, gagneront la bataille de la compétitivité. Elles se différencieront de leurs concurrents par leur capacité d’innovation et par la valeur ajoutée perçue par leurs clients ». Et l’homme sait de quoi il parle, fort de 25 années d’expertise dans le domaine. C’est en effet en 1985 qu’il crée le cabinet Merlane consultant à Toulouse, entreprise qui n’a, depuis, cessé d’innover et donc de croître, affichant aujourd’hui des chiffres enviables. Avec plus de 70 salariés répartis sur quatre sites (le siège à Toulouse et des implantations à Paris, Lyon et Madrid), Merlane c’est aujourd’hui un chiffre d’affaires de 5 M€ en 2009 contre 4,7M€ en 2008. Une véritable performance dans un monde du conseil qui a subi la crise de plein fouet que de croître de 6% alors que le marché était globalement dans le négatif. Jean- Claude Merlane, persuadé d’ailleurs que nous ne sommes pas encore sortis de la crise, prévoit même avec confiance une croissance de l’ordre de 10% pour 2010.

LA QUALITÉ AVANT TOUT

La recette d’un tel succès ? Sans doute, déjà, faut-il la trouver dans une approche résolument qualitative du métier de conseil : « Nous ne cherchons pas à grandir à tout prix et à faire des coups. Nous sommes dans une relation qui s’inscrit dans la durée avec nos clients et même avec une certaine intimité avec eux ». La proximité, et pas seulement géographique comme élément d’explication des 300 clients, très grands comptes comme EADS, Sanofi, Safran, Audi ou la Caisse d’Épargne pour ne citer qu’eux, et PME, « particulièrement celles qui sont dynamiques et innovantes» précise- t-il d’emblée. Avec un taux de fidélité de 78% de ceux-ci affiché en 2008, on comprend mieux cette relation particulière que Jean-Claude Merlane et ses équipes entretiennent avec ces clients. La croissance a également été trouvée via l’implantation parisienne qui représente aujourd’hui 35% du chiffre d’affaires, 45% émanant du grand Sud-Ouest, de Bordeaux à Montpellier, 10% de Lyon et 10% de l’international. Au quotidien le métier de Merlane est multiple souligne Jean-Claude Merlane : «C’est d’accompagner nos clients face à des problématiques de changement, dans deux domaines principaux. D’une part la gestion des ressources humaines, avec des prestations de recrutement, de conseil en gestion des compétences, d’externalisation des services ressources humaines. D’autre part avec l’accompagnement du management, depuis le top management jusqu’au premier niveau d’encadrement, aux différents rôles du manager, du leadership à la gestion d’équipes en passant par la délégation de gestion »

INTIMITÉ AVEC LE CLIENT

C’est d’ailleurs dans ce business modèle un peu particulier, dual entre l’expertise en ressource humaines et le conseil en management qu’il faut trouver l’une des clés du succès de Merlane.Et c’est aussi dans sa capacité à innover. Ainsi Merlane a été, dès 1996, le premier à proposer à ses clients l’externalisation complète des ressources humaines et reste l’un des rares à le faire, en tout cas pour une entreprise de cette taille. «Attention, nous ne sommes pas là dans de la soustraitance mais dans une externalisation avec valeur ajoutée » précise l’intéressé. Bref, de l’expertise jusqu’à l’accompagnement, à la mise en oeuvre et, également, à la mesure des résultats. Il s’agit ici d’accompagner le client dans une démarche particulière, partagée : « On mouille le maillot avec lui et il est hors de question de faire du conseil standard, industrialisé». Mais, et c’est encore l’une des originalités du cabinet, tous ces éléments de métier sont largement sous-tendus par une volonté farouche de Jean-claude Merlane de rester proche du monde académique. Un choix qui a ainsi conduit, entre autres, à la création il y a trois ans du MBA Management consulting de l’ESC Toulouse, MBA dirigé par lui, et au partenariat engagé avec la chaire « Management des ressources humaines » de l’IAE. Avec, en plus, beaucoup de publications, études, analyses, rapports et autres ouvrages de référence des spécialistes multidisciplinaires et multiculturels du cabinet dans ces domaines, il s'agit pour Jean-Claude Merlane, « d’être à la pointe de la recherche et donc dans l’anticipation permanente, il faut essayer d’avoir trois longueurs d’avance ».

ANTICIPATION ET TRAVAIL DANS LA DURÉE

Une capacité d’anticipation et de travailler sur la durée qui explique aussi les engagements forts de la société en mécénat, auprès d’Aïda ou du peintre Jean-Claude Saban depuis une vingtaine d’années. « Je suis un homme fidèle et la société aussi » souligne le dirigeant avec retenue. Une vision anticipatrice qui a également conduit le cabinet à adhérer à la charte Global Compact des Nations Unies, s’engageant par là fortement dans la voie du développement durable et, au passage, proposant une nouvelle offre d’accompagnement au développement durable pour les entreprises. L’avenir de Merlane passe maintenant par un projet de développement engagé depuis l’an dernier, «Merlane 2015 » caractérisé par un objectif de croissance durable et une ambition: « Être dans les cinq meilleurs cabinets reconnus en France ». Attention pas au prix d’une course à la taille souligne le dirigeant, «nous allons croître mais en consolidant les bases. Nous sommes déjà reconnus pour notre qualité et nos innovations, nous voulons aller encore plus loin en développant notamment Paris et Lyon ». À l’heure de célébrer les 25 ans de l’entreprise, Jean-Claude Merlane reconnaît avoir vu, au fil des années, «une certaine concentration du temps dans le management, dans les actions. Il y a une dictature du court terme et surtout des résultats à court terme qui est totalement paradoxale». Lui qui est administrateur national de la fédération Syntec qui regroupe les cabinets de conseil insiste sur le manque de connaissance global visà- vis de ce secteur d’activité: « C’est un vrai secteur d’activité avec de vrais entreprises qui est trop peu connu même si nous faisons beaucoup de promotion auprès des étudiants. Si l’on ne prend que le conseil en management, ce sont environ 40000 personnes qui sont employées par le secteur pour un chiffre d’affaires de l’ordre de six milliards d’euros. Si l’on prend le conseil au sens plus global ce sont 80 milliards d’euros et 800000 personnes. Mais comme le secteur est très hétérogène, il est de fait peu visible ».

Hervé Chossat



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