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Cela s’est fait discrètement, sans tambour ni trompette, mais la Ville rose compte, depuis la fin août, un nouveau consul des États-Unis, Matthew Purl. Ce VRP d’outre-Atlantique n’en est pas à son premier poste, ou presque. En effet, s’il roule sa bosse dans les ambassades du monde entier depuis 1992, c’est la première fois qu’il fait étape dans un pays européen. Après le Koweït, l’Égypte, le Tadjikistan ou encore l’Afghanistan, le choc pourrait, paradoxalement, être rude. Il n’en est rien à en croire son sourire satisfait. « C’est évidemment différent, mais c’est une nouvelle expérience tout aussi intéressante, confiet- il. La structure est petite et les États-Unis sont quelque chose de déjà bien intégré sur le territoire et au quotidien. C’est autre chose. Je passe beaucoup plus inaperçu qu’en Russie. »
À presque 45 ans, Matthew Purl a déjà sillonné la planète, grimpant progressivement les échelons de la diplomatie. S’il occupe aujourd’hui le poste de consul, il n’avait, au début de sa vie professionnelle, aucun plan de carrière défini. « Après avoir changé 17 fois d’orientation durant mes études, comme le font la plupart des étudiants américains, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire de ma vie, si ce n’est voyager », reconnaît-il. Diplômé du Claremont McKenna College, une université privée située près de Los Angeles, puis de l’Université de Columbia, il finit par se spécialiser en histoire. États-Unis, Asie, Europe, Moyen Orient, histoire contemporaine ou antique, il touche un peu à tout et obtient au début des années 90 une maîtrise en relations internationales (politique, histoire diplomatique et économie). Dans le même temps, pour financer ses études, il travaille en Alaska sur les champs pétrolifères, les mines d’or ou même les plages qu’il nettoiera de la pollution de l’Exxon Valdez, pétrolier échoué en 1989.
C’est sur les conseils d’un ami qu’à la fin de ses études, il postule pour un stage au département d’État. Étudiant l’arabe, il est envoyé à l’ambassade américaine du Koweït, en tant «qu’officier pour les affaires politiques ». Une première expérience réussie, «un travail intéressant et qui changeait tous les jours, au contact de gens extrêmement formés, très éduqués », qui le pousse à passer en 1992 le concours d’entrée du corps diplomatique américain. Après une première tentative infructueuse, il obtient son précieux sésame l’année suivante. Las, il lui faudra attendre encore plusieurs mois d’enquête sur sa personne pour obtenir son premier poste. Pendant ces 11 mois d’attente, Matthew Purl intègre, en tant qu’administrateur, l’armée de terre qui lui confie des dossiers de vente d’armes: chars pour l’Égypte, canons pour la Suisse…
Au printemps 1995, enfin, première affectation, au Sri Lanka. Une petite ambassade au sein de laquelle il passe 14 mois. « Je devais être chargé des relations avec la presse mais les besoins du service ont fait de moi le spécialiste économie de l’ambassade », se souvient-il amusé. La guerre fait alors rage dans le pays et « d’impressionnants attentats » empêchent cet insatiable curieux de réellement découvrir le pays. Sa mission terminée, deux choix lui sont proposés : Bombay en Inde ou Dhaka au Bangladesh. Ce sera Dhaka où il fait étape de 1996 à 1998. Puis changement de continent et direction l’Égypte. Il passe tout d’abord 10 mois à Washington, le temps de parfaire sa connaissance de l’arabe. Au Caire, il est en charge des visas et des services consulaires pour les Américains. «Ce n’était pas un travail agréable même si j’avais conscience que je rendais un service très concret. J’avais entre autre la responsabilité de l’identification des victimes en cas d’accident et de prévenir leur famille…»
Retour au pays en 2001, au bureau du Proche Orient à Washington. Il est en charge de l’Algérie, du Maroc et du Sahara Occidental. Une affectation qui lui permet de découvrir de l’intérieur le fonctionnement de l’administration américaine et d’arpenter à plusieurs reprises les couloirs de la Maison blanche. « Une expérience intéressante et très enrichissante, mais un travail trop bureaucratique », selon lui. L’envie de repartir le tenaille. Désireux d’obtenir plus d’autonomie et de changer d’air, il demande à être affecté dans des ambassades de petites tailles. Ce sera Ekaterinbourg, « le bout du monde! », en Sibérie, après 10 mois d’apprentissage du russe à Washington. Une expérience « fascinante » malgré l’isolement et un pays qui lui rappelle les États-Unis par son immensité et sa multi-ethnicité.
Les diplomates américains changent de poste environ tous les deux ans. Chaque été, une liste des postes disponibles l’été


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