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Portrait
Edition du 12/09/2011 au 18/09/2011

Pour les enfants du monde

Le pédiatre le plus visité de Dijon, anthropologue et membre du Conseil supérieur de l'adoption, suit plus de 2.000 enfants adoptés, venus de France, d'Europe et des États-Unis.

Jean-Vital de Montléon entouré de ses enfantsÀ trois ans, il voulait être pompier. À quatre ans, il affine son projet professionnel et affirme vouloir être pompier avec une blouse blanche. À cinq ans, c’est décidé, il sera docteur pour les enfants. Dire que Jean-Vital de Monléon est un modèle de ténacité relève de l’euphémisme. S’il avoue avoir eu une brève hésitation vers ses 15 ans et avoir été tenté par la diplomatie, il a fait preuve d’une détermination sans faille. Ce fils d’officier de marine marchande, que rien ne prédestinait à une carrière médicale, quitte Marseille, lieu de son enfance, pour débuter ses études de médecine à Lyon, ville qu’il a aimée, «malgré son climat désastreux ». Il y rencontre Isabelle, elle aussi étudiante en médecine, qu’il épousera à l’âge de 22 ans. C’est après son internat, effectué à Marseille et un premier poste de chef de clinique qu’il occupera pendant six ans que sa vie prendra un nouveau virage, inattendu. Jean-Vital de Monléon part à la Réunion pour un stage de six mois. « Une des plus belles expériences de ma vie », se souvientil. En 1995, entre internat et clinicat, il accepte de repartir pour remplacer le chef de service de l’hôpital des îles sous le Vent, en Polynésie. Un voyage qui bouleversera sa vie. Les épreuves n’ont pas épargné le couple qui, plus solide que jamais, décide d’adopter un enfant. Agrément en poche, obtenu juste trois jours avant le départ, Isabelle et Jean-Vital de Monléon bravent les fameuses grèves de décembre 1995 qui ont paralysé le pays pendant plus de trois semaines et parviennent enfin à s’envoler pour l’outre- mer. Ils vivront là-bas ce qui sera leur plus belle histoire : l’adoption de Philippine. L’adoption polynésienne a ceci de particulier qu’il n’est pas rare qu’une famille qui, pour des raisons matérielles le plus souvent, confie un enfant à un proche, famille ou ami, pour l’élever. « Il s’agit d’un don fait à l’enfant, celui de lui offrir la possiblité d’une vie meilleure », explique Jean-Vital de Monléon. Depuis, c’est un lien indéfectible qui lie la famille à la Polynésie. Jean-Vital y retournera un an et demi plus tard, pour finaliser sa thèse sur la corrélation entre le choix du mode d’allaitement et la structure familiale. Un troisième voyage en février 1999 sera l’occasion d’agrandir la famille avec l’adoption d’une deuxième petite princesse, Marie-Camille, soeur biologique de Philippine. Puis, en 2002, c’est Mayeul, cousin éloigné de ses aînées, qui fait son entrée dans la famille de Monléon. Son adoption s’est faite au cours d’un séjour de quatre mois pendant lequel Jean-Vital mena une étude anthropologique sur l’adoption d’enfants polynésiens par des parents métropolitains. Un sujet qui ne cesse de passionner le docteur. En 1998, le couple doit partir s’installer à la Réunion quand Jean-Vital de Monléon est contacté par Frédéric Huet, chef de pédiatrie du centre hospitalier universitaire du Bocage à Dijon. À la lecture du curriculum vitae du jeune pédiatre, il lui propose une collaboration à plus long terme que ce qu’il avait d’abord envisagé. «J’avais envie de travailler pour l’hôpital public et, pour y avoir passé 24 heures quelques années auparavant, nous soupçonnions la ville de nous plaire », précise le médecin, qui ajoute, en souriant, que le climat est un peu rude et que, décidement, la mer est loin. Quelques mois après son arrivée à Dijon, Jean- Vital de Monléon décide de créer une consultation pour les enfants adoptés. Spécialiste de l’endocrinologie et plus particulièrement de la puberté précoce chez les petites filles adoptées, et fort de sa découverte du mode d’adoption polynésienne, Jean-Vital de Monléon fait le pari que ce type de consultation devrait intéresser quelques familles. « Ces consultations existaient


1965 Naissance, le 2 septembre, dans le Bugey.
1987 Champion de France universitaire de rugby.
1995 Premier séjour en Polynésie et adoption de Philippine.
1998 Installation à Dijon, où il crée la consultation d’adoption Outremer au CHU du Bocage.
1999 Adoption de Marie-Camille.
2001 Parution de son premier livre pour les enfants adoptés « Les deux mamans de Petirou », aujourd’hui traduit en danois et en coréen.
2002 Adoption de Mayeul.
2003 Nommé pour la première fois au Conseil supérieur de l’adoption. Parution du livre Naître là-bas, grandir ici.
2011 La consultation d’adoption accueille plus de 700 familles par an.
déjà outre-Atlantique et, en France, le médecin Jean-Jacques Choulot venait d’ouvrir la sienne à Pau », explique Jean-Vital de Monléon, qui pensait recevoir une quarantaine de familles par an. « Ces consultations permettent de considérer tous les aspects de l’arrivée de l’enfant adopté dans sa famille : j’effectue, bien entendu, un bilan médical, mais j’aborde aussi à ce qui touche à l’intégration de l’enfant dans le cercle familial ainsi que l’aspect sociétal de l’adoption », précise le pédiatre, qui intervient également en amont, en rencontrant des familles via le conseil général de Bourgogne et en proposant une lecture des dossiers médicaux d’enfants nés à l’étranger, « un exercice extrêmement délicat, que seules mes désormais nombreuses années d’expérience me permettent de faire ». La consultation d’adoption, baptisée (sans surprise) Outremer, reçoit aujourd’hui plus de 700 familles par an et suit environ 2.000 enfants, venus de France, de toute l’Europe et même de Nouvelle-Calédonie, de la Réunion et des États-Unis ! « L’hôpital n’a pas de budget supplémentaire pour assurer le fonctionnement de cette consultation, elle n’existe que par la volonté de Frédéric Huet, doyen de la faculté de médecine, et de Pierre-Charles Pons, directeur général de l’hôpital », assure Jean-Vital de Monléon. Et l’acharnement dont il fait preuve pour parler et faire parler de l’adoption ne s’arrête pas là. Auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, à destination des professionnels, des familles et des enfants, il travaille actuellement sur de nouveaux projets qui devraient voir le jour d’ici à 2013. Il a créé une attestation universitaire, délivrée aux professionnels de l’adoption, médecins, responsables d’associations d’enfants adoptés et de familles adoptives, psychologues, enseignants, juristes… Une trentaine de professionnels viennent donc chaque année échanger et se former sur le sujet pendant quatre journées. Membre du Conseil supérieur de l’adoption (CSA), nommé par le Premier ministre François Fillon en qualité d’expert, Jean-Vital de Monléon intervient pour que la loi et les mentalités évoluent, « et surtout pour le bien-être des enfants, notamment en cas de situations de crise, comme celle que nous avons connue l’année dernière avec les enfants d’Haïti ». En janvier 2010, il a co-organisé avec la Jeune Chambre économique de Dijon la journée Élisabeth-Rousseau, une conférence qui a réuni tous les acteurs de l’adoption, institutionnels, politiques, associatifs, adoptés et adoptants. « Trois cents personnes se sont déplacées de toute la France au conseil général qui accueillait l’événement. Un beau succès ! », conclut-il. Dans les cartons de ce pédiatre décidement trop modeste, dorment encore deux au - tres projets : la création d’une école des parents et d’une école des enfants. Parions que ce passionné de rugby transfomera encore l’essai… Marianne Tarragon-Béarez



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