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Le 24 novembre 2011, lors du congrès bois et forêts d’Aprovalbois, Jacques Ducerf, président de l’interprofession depuis 1994, a présenté son successeur : Jean-Philippe Bazot. Personne ne s’attendait à voir ce pilier de la filière bois bourguignonne décrocher. Mais, avec ce sens de l’anticipation qu’on lui connaît, l’entrepreneur de Saône-et-Loire préparait depuis plusieurs mois la montée en grade de son vice-président. Une transmission somme toute naturelle car ces deux hommes ont de nombreux points communs. Quand, gamin, il était réquisitionné au ramassage des racines sur les terres défrichées par l’entreprise familiale, le jeune Jean-Philippe était loin d’imaginer qu’il dirigerait un jour l’interprofession de la filière forêt bois bourguignonne. Une filière puissante et reconnue pour son travail de promotion du matériau bois et des entreprises assurant sa transformation. L’entrepreneur est né dans une famille d’exploitants forestiers de Saint-Péreuse, dans la Nièvre. Une vie de paysan tournée vers la nature et les durs labeurs : travaux agricoles et forestiers, exploitation et transport du bois. Les parents ne chôment pas. Ils n’ont pas le temps de suivre les études du petit Jean- Philippe et jugent plus prudent de le confier à une tante de Fontainebleau, qui s’occupera de lui jusqu’au baccalauréat. Lorsque ses parents le mettent au train pour la première fois, l’écolier de neuf ans n’est pas fier. « C’était un petit peu rude, mais je n’en veux pas à mes parents. C’était le sort réservé à la plupart des jeunes de la campagne qui voulaient suivre des études, reconnaît Jean- Philippe Bazot. L’éloignement m’a forgé le caractère ». Tout comme les travaux d’été lorsqu’il fallait nettoyer les terres défrichées pour les rendre à l’agriculture ou quand il prêtait la main aux équipes de débardage. « La vie, ça se gagne ! »
Pourtant, le jeune bachelier se destine à rejoindre le monde des cols blancs. Son avenir semble tracé : il sera cadre en entreprise et pas forcément celle de papa. Après une année de prépa, il intègre l’École supérieure libre des sciences commerciales appliquées (ESLSCA) à Paris et sort diplômé en juin 1981. L’année suivante, il est embauché chez Bis, la société de travail temporaire, comme contrôleur de gestion. Mais à quoi bon travailler pour un patron quand on a la possibilité de travailler pour soi ? En 1984, retour à Saint-Péreuse avec sa future femme rencontrée chez Bis. L’entreprise familiale a bien changé depuis les années 1950. En 1963, les grands-parents de Jean-Philippe Bazot ont créé Bongard Bazot et fils. La nouvelle entité scelle le rapprochement des Bongard, la branche maternelle travaillant dans les travaux publics, avec les Bazot tenants de la sylviculture et de l’exploitation forestière. L’entreprise 100 % nivernaise marie ainsi de gros chantiers de TP, la création de routes et pistes forestières, la gestion de forêts, la récolte et le transport du bois. Jean-Philippe, d’abord employé à des tâches administratives, sera progressivement associé aux décisions stratégiques de l’entreprise qui compte aujourd’hui 175 salariés et réalise 24 millions d’euros de chiffre d’affaires. En 1995, peu avant le retrait de son père, il incite ce dernier à racheter une scierie à Fours. BBF réalise là un pas décisif vers la diversification de ses activités bois. Quatre ans plus tard, BBF s’installe à La Machine, à proximité d’anciennes mines de charbon. La scie de tête adaptée aux gros bois sera polyvalente : on y passera tantôt du


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