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Pavillon Louis Lareng, hôpital Purpan, 16h30. Siège du pôle de médecine d’urgence du CHU et du Service d’aide et de médecine d’urgence départemental. Le directeur du SAMU et chef du pôle, Jean- Louis Ducassé, imposant et affable, embauche pour sa garde dans une heure et demie. Le temps est compté. «L’urgence, c’est tout, n’importe où, n’importe quand. Allez ensuite essayer d’injecter de la performance et une maîtrise des dépenses. Nous restons des pionniers, même si le SAMU d’il y a quarante n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. Je suis très fier d’être ici, dans le plus vieux service de France, à la suite de mon maître Louis Lareng, qui a réussi à porter l’hôpital hors ses murs, avec d’autres. » L’intéressé, médecin anesthésiste de spécialité, urgentiste depuis 15 ans, n’est pas peu fier de recevoir dans le bâtiment flambant neuf livré fin 2008, qu’il a piloté et qui porte le nom de Louis Lareng, comme il le souhaitait. « Un changement au CHU, qui jusqu’ici ne donnait aux nouveaux bâtiments que des noms de personnes défuntes. »
Un hommage appuyé donc à son prédécesseur illustre, moyen peut-être aussi de rester à sa place dans l’histoire de la médecine d’urgence. Il n’empêche que le responsable est l’un des pontes du domaine, et vient d’être élu président du collège français de médecine d’urgence. Quesako? Une nouvelle instance lancée il y a trois ans, chargée de mettre en adéquation les multiples informations et recommandations scientifiques avec les réalités de terrain vécues par les urgentistes, et leur pratique. Dans les faits, l’instance se place à l’interface de la société française de médecine d’urgence (Jean- Louis Ducassé l’a quitté en 2009, il y était chargé de l’évaluation et de la qualité) et les syndicats professionnels, l’AMUF du médiatique Patrick Peloux et l’association SAMU et urgences de France, entre autre. Sa mission: dynamiser le collège, en proposant des actions de formation ciblées, post-universitaires. Mais aussi, le cas échéant, rappeler les procédures à ses collègues. Secouer aussi, donc, un peu le cocotier. Et il faudra encore aller chercher les fonds pour financer tout cela, auprès de la Haute autorité de santé! Une nouvelle tâche que Jean-Louis Ducassé compte assumer sans prétention, même si beaucoup comptent sur lui pour faire avancer les choses. De fait, sa carrière est pavée de fonctions de représentation, à l’interface entre praticiens et instances de direction, entre autre au CHU de Toulouse (au sein de la commission médicale d’établissement, mais aussi au conseil d’administration). Parallèlement, il a fait de son terrain quotidien, le Pôle urgence du CHU et le SAMU qu’il dirige, un laboratoire grandeur nature où, avec ses adjoints – «la médecine d’urgence, s’est avant tout un travail d’équipe » -, sa réflexion sur l’avenir du domaine se déploie.
«Nous disposons ici du centre de réception et de régulation le plus performant qui soit, avec un couplage téléphonie et radiocommunications informatiques pour la régulation, et l’informatique embarquée dans les véhicules du SMUR », indique-t-il. Il ne dira que dans un second temps qu’il en est l’artisan.


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