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Jean-Philippe Cabal, récemment nommé à la tête de la maison d’arrêt de Montauban, évoque la question du surpeuplement et de la vétusté des prisons en France.
À quarante-trois ans, Jean-Philippe Cabal, précédemment chef d’établissement de la maison d’arrêt de Tarbes (durant six ans), dirige la maison d’arrêt de Montauban depuis le 25 janvier. Il nous a accordé une interview.
Pouvez-vous nous présenter la maison d’arrêt de Montauban ?
Elle accueille uniquement les hommes majeurs. Comme toute maison d’arrêt, elle reçoit les prévenus en attente de jugement et ceux condamnés à une peine inférieure à un an. L’établissement a aussi sous sa responsabilité des femmes en semi-liberté, dotées d’un bracelet électronique.
Elle doit théoriquement accueillir soixante-cinq détenus mais en reçoit,hors période de travaux,le double.
La France est d’ailleurs régulièrement épinglée pour la surpopulation de ses prisons... Les travaux qui sont en cours ici sont la preuve que l’État fait des efforts. Depuis quelques années, l’administration pénitenciaire applique les règles pénitentiaires européennes. Il y a une vraie volonté d’évoluer, de se mettre aux normes et de rénover le parc pénitentiaire. En tant que professionnel, travaillant dans ce milieu depuis vingt-cinq ans, je peux témoigner qu’il y a une évolution indéniable. Ainsi, l’État ouvre cinq à six nouveaux établissements par an. C’est la cas à Bézier ou encore à Mont-de- Marsan, pour citer des exemples récents.
Comment oeuvrez-vous, à l’intérieur de la prison,à ce que les détenus se réinsérent une fois sortis et ainsi éviter les récidives ?
Ce rôle est dévolu au service d’insertion et d’approbation. De notre côté, nous mettons en place des aménagements de peine et nous permettons aux détenus d’avoir accès à la formation professionnelle. Mais cela a ses limites. Quand un jeune vient chez nous, purger une peine de deux mois, il n’a pas le temps de suivre une formation ! La question qu’il faut se poser, c’est qu’est ce que fait la société pour aider les anciens détenus à se réinsérer. Parce que pour se réinsérer, il faut trouver un logement et un emploi. On ne peut pas mettre tout sur le dos de la prison. Le problème est que lorsqu’un détenu passe la porte de la maison d’arrêt, il ne se passe plus rien. C’est un vrai problème de société.
Comment sont perçus les métiers de la détention pénitenciaire ?
Les métiers ont beaucoup évolué. Pour les exercer, il faut une grande dose d’humanité. En vingt-cinq ans, l’image que l’administration judiciaire renvoie a bien changé. Elle communique plus. Elle explique ce qu’elle fait et il y a donc une meilleure connaissance de nos métiers. Le grand public sait ce qui se passe derrière les murs.
Que pensez-vous de la loi pénitentiaire récemment promulguée ?
C’est une évolution colossale. Cela faisait au moins dix ans qu’il en était question. Cela amène enfin un cadre légal à nos missions.
Propos recueillis par L.G


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