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Economie
Edition du 29/11/2010 au 05/12/2010

Ecores met en place un PDIE novateur

Déplacements. La zone d’activités de Ecoparc Reims-Sud (qui regroupe les entreprises situées à Farman, Pompelle et Croix-Blandin) fait réaliser une étude pour mettre en place un Plan de Déplacement Inter-Entreprises (PDIE).

Avec 600 entreprises sur son territoire et pas moins de 12 000 salariés qui transitent chaque jour, la zone Ecoparc Reims-Sud (Ecores) est la plus grande zone d’activités de la région Champagne-Ardenne. Alors forcément, une telle taille induit aussi des inconvénients, notamment en terme de mobilité et d’accessibilité. C’est pourquoi, l’association Ecores a décidé de réaliser une grande étude afin de mettre en place un Plan de Déplacement Inter-Entreprises. Une grande première en région dont l’idée a germé dans l’esprit de Géraldine Laurent, DRH de Parchimy et viceprésidente d’Ecores : « Nous avons été confrontés à la problématique des transports lorsque notre entreprise a déménagé à l’été 2004 », explique-t-elle.

EMPREINTE CARBONE ET RESPONSABLE

A cette époque, Parchimy quitte ses locaux de la rue Marie- Clémence Fouriaux (près de la gare de Reims) à la zone Farman. Les employés doivent alors adopter de nouveaux moyens de déplacements pour se rendre sur leur lieu de travail. Et les transports en commun ne sont pas toujours adaptés, ni en terme de parcours ni en terme d’horaires... Six ans après, alors que la zone Farman est toujours desservie de la même manière, Géraldine Laurent n’a pas renoncé à son idée de faire évoluer les transports et a convaincu l’association et ses partenaires de réaliser ce Plan de Déplacement. Cofinancée par la Région Champagne-Ardenne, l’Etat, l’ADEME, Reims Métropole, la CCI de Reims-Epernay et Ecores, l’étude est actuellement réalisée par le cabinet Mobility + (voir ci-dessous). Elle prévoit une collecte massive d’informations auprès des entreprises de la zone. Des entreprises conscientes de leur responsabilité socio-économique et environnementale. « C’est un projet très axé sur le développement durable, l’économie durable et écoresponsable, insiste Nicolas Pehlivanian, président de l’association. La question est de savoir comment Ecores se positionne sur les questions d’avenir et sur son empreinte ». L’étude devrait permettre de réduire le nombre de véhicules en circulation sur la zone, et donc leur empreinte carbone. Mais pas seulement. Car le développement durable va plus loin que le seul aspect écologique. Il intègre aussi toute une réflexion sur la place de l’être humain dans les projets. « Il s’agit aussi de lever tous les freins à la mobilité.Cela intègre aussi une partie sécurité », note Géraldine Laurent. « C’est une idée qui est partie de la problématique des transports en commun et qui est finalement devenue un projet de développement durable ».

RÉSULTATS AU PRINTEMPS 2011

Nicolas Pehlivanian pense aussi aux retombées positives pour la zone si celle-ci parvenait à faire évoluer son accessibilité et sa circulation interne. « Nous voulons aussi améliorer l’attractivité de la zone et rendre le parc encore plus attractif pour les entreprises et leurs collaborateurs susceptibles de s’installer ici ». Un constat partagé par la vice-présidente de l’association : « Comme d’autres entreprises, nous allons avoir beaucoup de départs en retraite au cours des prochaines années et nous devons donner les moyens aux jeunes qui n’ont pas toujours de véhicule de venir travailler chez nous ». Les premiers entretiens avec les entreprises ont commencé le 15 novembre et le président d’Ecores enregistre déjà des premiers retours positifs. « C’est un travail de longue haleine qui commence et nous espérons avoir les premiers éléments au printemps 2011. A l’issue de cette enquête, nous mènerons une grande réflexion et une concertation avec les entreprises et les partenaires pour le choix des solutions à envisager ».

Benjamin Busson

Mobility +, un spécialiste des Plans de Déplacement
Le cabinet d’études chargé de travailler sur le projet rémois compte dix ans d’expérience dans ce domaine.

Pour réaliser son PDIE, Ecores a fait appel à Mobility +, spécialisé depuis dix ans dans les plans de déplacement, la mobilité durable et les déplacements doux. Ce cabinet d'études parisien (qui possède des agences à Montauban et à Lyon) a déjà travaillé pour l'aéroport de Nantes, Météo France, la SNCF ou le CEA (Commissariat à l'Energie Atomique). Depuis fin août, ses premières missions ont consisté à cibler les entreprises de plus de 50 salariés pour répondre à une enquête anonyme sur la base du volontariat. « Nous travaillons sur les déplacements domicile-travail, mais aussi sur les déplacements professionnels et les déplacements réalisés en journée », explique Sophie Dupré, consultante chargée de l'étude Ecores. Cette dernière ne se contentera pas d'interroger les salariés, puisque sont également concernés par le Plan, les intérimaires, les étudiants présents sur la zone et les fournisseurs des entreprises. « La zone comporte aussi une problématique poids lourds à prendre en compte », ajoute Sophie Dupré.

CALCULS DE POTENTIELS

La première phase de l'étude consiste donc à faire un diagnostic des déplacements actuels, suivi de la mise en place de groupes de travail qualitatifs, toujours sur la base du volontariat des entreprises, dès janvier, afin de cibler toutes les problématiques rencontrées par ces dernières. « Nous analyserons ensuite toute l'accessibilité du site, que ce soit par les voitures, les transports en commun ou les pistes cyclables. Nous effectuerons aussi des calculs de potentiels, c'est-à-dire des gens susceptibles de venir travailler à pied, en bus ou en train ». Pour cela, Mobility + diffuse actuellement une enquête auprès de tous les salariés pour connaître leurs modes de déplacements, les raisons de leur choix et ce qui pourrait les inciter à le modifier. « Cette enquête nous permet d'identifier les marges de manoeuvre en terme de transports mais aussi en terme de service pour limiter les déplacements ». Des marges de manoeuvre qui pourraient se traduire par l'incitation à mettre en place des conférences téléphoniques ou des visioconférences, à améliorer les cheminements piétons entre les entreprises de la zone, ou à améliorer l'offre de transports en commun. « Les préconisations peuvent aller assez loin. Cela ne se limite pas à diminuer l'utilisation de la voiture mais surtout à trouver des solutions alternatives en terme de coût pour les salariés, puisque le transport et la voiture sont aujourd'hui une dépense très importante pour les ménages ».

Benjamin Busson



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Claire Waïda