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Les programmes économiques pour conquérir Midi-Pyrénées
Ce 14mars, les électeurs sont appelés à voter pour le premier tour des élections régionales. Plus que jamais, Martin Malvy, le président sortant, apparaît comme le grand favori pour conserver la présidence du Conseil Régional de Midi-Pyrénées et effectuer un troisième mandat. Selon un sondage BVA réalisé pour le quotidien 20 minutes à deux semaines du scrutin, la liste PS-PRG-MRC conduite par lui est ainsi créditée de 37 % d’intentions de vote, loin devant la liste UMP emmenée par Brigitte Barèges, créditée, elle, de 25 % d’intentions de vote. Selon ce même sondage, sur ce premier tour la gauche réunirait 63 % des intentions de vote contre 34 % pour la droite. Des chiffres évidemment à prendre avec la plus grande prudence car des évolutions qui peuvent être lourdes de conséquences pour le second tour peuvent intervenir. La marge d’erreur traditionnelle de 3% des instituts de sondages peut peser lourd. Tout d’abord avec des écologistes qui ont le vent en poupe, la liste Europe Écologie emmenée par Gérard Onesta, forte des 17 % d’intentions de votes au premier tour, affichant clairement ses ambitions et conditions pour un éventuel accord d’entre deux tours. Le passif du précédent scrutin de 2004 qui avaient vu échouer de telles négociations pour la fusion des deux listes et mirent les écologistes hors course, sans aucun élu au Conseil régional, est encore dans les mémoires. Dans l’hypothèse d’une triangulaire, le sondage de BVA pour 20 minutes met en avant des intentions de vote de 46 % pour la liste conduite par Martin Malvy, 22 % pour Europe Écologie et 32% pour celle de Brigitte Barèges. Ceci dans l’hypothèse où le Front national emmené par Frédéric Cabrolier ne rééditait pas sa performance de 2004 en dépassant les 10 %, ce qui lui permettrait de se maintenir. Sans obérer évidemment de l’importance de l’abstention qui était, rappelons-le, de 35,95% au premier tour en 2004 et 33,76% au second tour. L’élection de 2010, à deux ans des présidentielles et des législatives, est avant tout l’occasion pour les différents partis de compter leurs troupes. S’il s’agit là de la dernière campagne de Martin Malvy, c’est aussi une élection particulière du fait de la réforme des collectivités locales engagée par Nicolas Sarkozy. Les 91 conseillers régionaux seront en effet élus pour un mandat raccourci de quatre ans. À partir de 2014, un élu unique, le conseiller territorial devant normalement siéger à la fois au Département et à la Région avec, encore, beaucoup d’incertitudes, entre autres quant au mode de scrutin qui sera choisi. Ce qui est sûr, c’est qu’avec 1,250 milliard d’euros de budget pour le Conseil régional de Midi-Pyrénées, les enjeux sont gigantesques. Les 91 élus devront décider des orientations stratégiques majeures dans des domaines aussi essentiels que les transports, l’enseignement et la formation, l’aménagement du territoire, le développement économique et l’emploi. Nous avons donc demandé aux huit têtes de liste de nous indiquer quel était leur constat sur la situation économique actuelle de Midi- Pyrénées et quelles étaient leurs propositions, chiffrées, pour l’économie régionale. Ce sont ces huit textes que nous publions dans ce dossier spécial élections régionales, dans l’ordre officiel des listes déterminé par la Préfecture afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté. Pour les trois plus importantes listes en lice, en terme de poids électoral, conduites par Martin Malvy, Brigitte Barèges et Gérard Onesta, les visions du présent comme de l’avenir sont bien évidemment différentes. Si le président sortant, Martin Malvy, défend son bilan sans nier les conséquences de la crise qui a frappé Midi-Pyrénées comme le reste de la France, il souligne « la priorité de la politique régionale, c’est le soutien à l’économie régionale pour développer l’emploi ». Et indique « un tiers du budget de la Région est et sera directement consacré aux grands secteurs économiques. Un autre tiers est en fait de l’investissement comme, par exemple, sur les transports: sur 349 millions d’euros, 185 sont consacrés à des travaux d’infrastructure ». Le bilan de l’équipe sortante, pour Brigitte Barèges, est bien entendu mauvais. Si pour elle «plus que jamais l’emploi doit être au coeur de nos priorités afin de donner la possibilité à chaque Midi-pyrénéen de pouvoir travailler dans sa région », elle constate: « Le diagnostic économique régional est médiocre. Principale compétence de la Région, le soutien à l’économie ne représente que 3,6% du budget régional ». Enfin, pour Gérard Onesta, «Midi-Pyrénées est vulnérable […] Les lignes de fractures sont multiples. Nous portons l’ambition d’un modèle qui fera de Midi-Pyrénées un exemple de création massive d’emplois durables, utiles et non délocalisables » et d’appeler de ses voeux « à une gouvernance radicalement nouvelle avec un dialogue profond et ouvert avec tous les acteurs de terrain ».
Hervé Chossat


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