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Quand tant de Français ont profité de leur été pour penser à eux, Claudine Husson, elle, a passé un été solidaire. Le 25 juillet, elle s’envolait pour Cotonou, la capitale du Bénin. Arrivée là-bas, elle a embarqué dans un bus pour… neuf heures de route. Et une fois à Natitingou, à 530 kilomètres au nord, c’est un 4x4 qui l’a conduite, à travers la brousse, jusqu’au village de Boukoumbé. Toute une aventure ! Accueillie sur place par l’équipe des 1.000 Lucioles, association locale relais de Planète urgence, Claudine Husson a alors consacré deux semaines de sa vie à des petits Béninois, scolarisés dans l’une des deux écoles maternelles du village. « Les institutrices n’étant pas toujours là, je me suis occupée,souvent seule, d’un groupe d’enfants âgés de 3 à 5 ans ; selon les jours, l’effectif oscillait entre 8 et 20 gamins. » Depuis plusieurs mois, le soir et le week-end, Claudine Husson préparait son intervention dans cette école africaine. Elle est d’ailleurs partie au Bénin avec 23 kilos de fournitures scolaires, notamment des livres. Mais dès le premier jour, elle a dû s’adapter au « climat local »… Sans renoncer au thème qu’elle avait choisi, les animaux (de la ferme, de la savane, de la maison…), l’intervenante a imaginé toute une série de jeux et d’apprentissages : gymnastique, lecture, comptines, coloriage… « L’un de mes principaux objectifs était de travailler l’expression orale avec les enfants, explique-t-elle. Dans une région où les enfants parlent un dialecte local, il est important de les faire utiliser la langue officielle du pays qui est le français. »
Claudine Husson, évidemment, n’oubliera jamais cet été 2010. Cette femme de 53 ans a déjà beaucoup voyagé, elle est même une habituée des vacances « hors des sentiers battus » – en Égypte, au Pérou, en URSS à l’époque… L’un de ses souvenirs les plus marquants est sa randonnée d’un mois en Chine. Et c’est justement parce qu’elle a pas mal visité la planète qu’elle a fini par se demander comment aider les populations des pays pau vres. « Donner de l’argent à une ONG [ndlr : organisation non-gouvernementale], c’est bien. Mais je voulais m’investir davantage et autrement, contribuer moi-même à aider les autres. » Restait à trouver le moyen de faire le bien. C’est alors qu’en 2008 – elle est alors directrice de l’appui territoriale pour la Lorraine au sein du groupe La Poste –, une de ses collaboratrices passe ses vacances comme animatrice dans une bibliothèque à Madagascar, lui faisant découvrir le concept des « congés solidaires ». L’opération consiste en un partenariat entre l’employeur, une ONG et le salarié, afin de permettre à celuici de consacrer deux semaines de ses vacances à une action humanitaire. Le coût du voyage est partagé entre les trois acteurs – en l’occurrence, La Poste a engagé 3.000 euros dans le séjour de Claudine Husson au Bénin, Planète urgence a assuré la logistique sur place, et la vacancière solidaire a elle-même déboursé 500 euros environ pour acheter du matériel, payer son visa et ses vaccins. Cette année, 92 collaborateurs de La Poste dans toute la France ont été retenus pour partir. Une manière de se rendre utile tout en bénéficiant d’un encadrement rassurant. Avant son départ, Claudine s’est par exemple entretenue avec une psychologue sur les risques éventuels liés à l’éloignement et à la confrontation avec le Tiers-Monde. Mais plus que la pauvreté des gens qu’elle a croisés, Claudine Husson gardera en mémoire les éclats de rire et les yeux pétillants de « ses » enfants. Cette semaine Claudine Husson retrouve son bureau, à Dijon. Changement de décor radical. Depuis l’an dernier, dans un confortable bureau


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