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Portrait
Edition du 05/07/2010 au 11/07/2010

Grand hôtel

Investi dans le développement économique et la promotion de la Bourgogne et de la France, il a construit un groupe hôtelier d'envergure régionale et tenu le pari de créer un réseau d'hôtels économiques…

Qui se souvient que le « groupe Jacquier », qui détient aujourd’hui quelques-uns des plus beaux hôtels de Dijon, a très modestement commencé avec un seul hôtel, place Grangier ? Alain Jacquier a 18 ans quand il se retrouve propulsé à la tête de cet établissement, le Central, devenu, depuis, par le jeu des rachats successifs, un hôtel Ibis du groupe Accor. Pour racheter les parts de sa soeur et des autres actionnaires de cet hôtel fondé par sa grand-mère en 1926, il emprunte 800.000 francs de l’époque à son notaire. « Chaque mois, je me rends dans son étude pour rembourser la somme petit à petit et signer le livre des comptes », se souvient Alain Jacquier. Pour reprendre l’affaire familiale, jusqu’alors tenue par sa grandmère et sa mère, il interrompt ses études à l’école hôtelière de Strasbourg. Alain Jacquier ne manque ni de courage ni de ténacité. Il attend patiemment 10 ans de finir de rembourser son prêt, avant d’investir dans cet hôtel Central de 90 chambres dont 12 seulement étaient alors équipées de salles de bains. Il lance aussi le concept du restaurant-grill, devenu une institution dijonnaise. Et Alain Jacquier, qui n’avait jamais envisagé finalement d’autre voie que celle ouverte par sa grand-mère, tombe amoureux du métier d’hôtelier. Cette passion qui fait qu’à l’âge de 75 ans, il est encore aux commandes du groupe. Cette passion qui explique la frénésie de projets, l’extraordinaire parcours d’un homme devenu le porte-drapeau de la Bourgogne touristique puis de la destination France, l’interlocuteur des ministres sur les sujets touchant au tourisme, le patron de dizaines d’hôtels, du zéro au quatre étoiles, et encore le représentant du premier groupe mondial d’hôtellerie en Bourgogne…
La première fois qu’Alain Jacquier « sort » de son Central, c’est en 1965. Il investit avec quelques amis hôteliers de la région dans la création d’un des premiers hôtels d’autoroute, à Beaune. À l’époque, il s’appelle le PLM (évocation du Paris-Lyon-Marseille) ; il porte aujourd’hui l’enseigne Autogrill, mais Alain Jacquier n’est plus au tour de table. Il est toujours actionnaire, en revanche, de l’hôtel implanté sur l’aire de Brognon, sur l’A31. Tous les trois ans, l’hôtelier dijonnais s’engage dans une nouvelle aventure. Les projets se succèdent, couronnés de succès pour la plupart. Dans la région avec la construction de l’hôtel Ibis Arquebuse, près de la gare de Dijon en 1977, puis de l’hôtel Frantel (l’actuel Mercure Clemenceau) en 1979, avec le rachat de la Cloche à la banque La Hénin en 1984, qui portera l’enseigne Pullmann puis Sofitel – « un établissement mythique, un des grands hôtels du PLM » – ; il y aura ensuite la construction des hôtels Ibis de Beaune (1987) puis de Chalon-sur- Saône (1992), puis de l’Ibis Clemenceau à Dijon (2007) ; il planche encore aujourd’hui sur le projet de construction d’un nouvel hôtel trois étoiles, qui pourrait se situer au bord de la rocade, entre Dijon et Saint- Apollinaire. Mais Alain Jacquier ne se limite pas à sa Bourgogne natale. En 1973, avec trois amis, il fonde la chaîne des hôtels Mercure. Une aventure menée tambour battant : en trois ans, le réseau compte 18 hôtels trois étoiles en France ; ses fondateurs le cèdent alors à leur principal concurrent, Novotel. Et puis, bien sûr, il y aura, à partir de 1990, la saga des Villages hôtels. Alain Jacquier travaille déjà avec le groupe Accor, qui vient de lancer sa chaîne Formule 1. «Moi, je voulais le même genre d’établissement, avec des sanitaires pour chaque chambre. » Un architecte planche sur le sujet, une équipe déniche des terrains, en périphérie des grandes villes… Et la chaîne entre bientôt dans la cour des grands : en 17 années, elle aligne 65 hôtels, dont deux en Allemagne, soit 5.000 chambres. Avec des taux d’occupation à faire pâlir l’hôtelier


1936 Naissance, le 10 janvier, à Dijon.
1954 Propulsé président de l’hôtel Central, place Grangier.
1973 Crée la chaîne d’hôtels Mercure.
1984 Rachète l’hôtel de la Cloche.
1990 Lance l’aventure des Villages hôtels.
1991 Président de la Banque populaire Bourgogne Franche-Comté (jusqu’en 2004). 2001 Président du comité régional du tourisme (jusqu’en 2004). 2007 Président de Maison de la France (jusqu’en 2009).
« traditionnel » qu’il est par ailleurs, frisant les 100 % dans certaines villes. « Notre premier Villages hôtel a ouvert ses portes à Marsannay-la-Côte le 1er juillet 1990. Le soir même, il était complet ! » Les Jacquier (Alain et son fils Patrick, directeur général de la Société foncière d’investissement hôtelier qui porte les investissements) profitent du succès des hôtels économiques, sans oublier d’innover : à Paris, puis à Lyon et à Dijon, ils osent même implanter des Villages hôtels en pleine ville ! En 2007, la famille Jacquier vend sa chaîne au réseau B&B (groupe Eurazéo), à l’exception de celui implanté place Grangier, en plein coeur de Dijon, juste en face de l’hôtel historique de la famille. Tout un symbole.

LES CLÉS DU SUCCÈS

Les clés de cet incroyable succès ? D’abord la capacité à savoir s’entourer. « Dans ce métier, on ne fait rien tout seul. J’ai eu la chance d’être entouré de gens motivés et compétents. » Et Alain Jacquier de citer les noms de ses proches collaborateurs, qui ont grimpé les échelons un à un, pour devenir, qui directeur d’un hôtel, qui assistante de direction, qui chef de cuisine… La deuxième clé du succès, c’est une vraie capacité à « sentir le marché ». Alain Jacquier s’intéresse à tout, et le montre : il s’engage dans les structures professionnelles, au point de devenir président de l’union régionale des syndicats de l’industrie hôtelière, puis président de Maison de la France, véritable ambassadeur de la destination France dans le monde entier. Il s’investit dans le conseil d’administration de sa banque, la Banque populaire, pour en devenir président du conseil d’administration. Vice-président de la CCI Dijon, il préside le comité régional du tourisme pendant quatre ans. Au-delà des fonctions, au-delà de l’entreprise familiale, une conviction : le développement du territoire vaut qu’on s’investisse. Alors aujourd’hui, depuis son bureau du quartier Clemenceau, Alain Jacquier, qui continue de rendre visite à ses équipes, à aller inspecter les cuisines et même les cham bres froides de ses restaurants, garde un oeil sur les grands projets qui maintiendront la Bourgogne dans la course : le TGV, qui doit permettre de gagner des clientèles d’avenir (les Suisses par exemple), l’indispensable aéroport de Dijon (et ne venez pas lui dire que ça ne sert à rien, car l’homme a gardé toute son énergie et sa force de persuasion), des panneaux plus « favorables » à la région le long des autoroutes… L’esprit serein car la relève est assurée avec Patrick et son fils Anthony, aujourd’hui directeur de l’Ibis Clemenceau.

Patrice Bouillot



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