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Espace. La filiale espace du groupe Thales, dont le site principal se trouve à Toulouse, affiche un bilan satisfaisant pour 2011 grâce à la diversification de ses commandes. Elle se prépare à vivre une année 2012 « un peu plus difficile ».Après une année 2010 relativement faste pour Thales Alenia Space (TAS) grâce à un volume important de prise de commande et au lancement de deux gros programmes (Iridium et MTG), sur lesquels la branche espace du groupe Thales travaillait depuis longtemps, l’année 2011 se révèle plutôt en demiteinte. «Au final, nous arrivons à faire une année plutôt classique en matière de commandes », relativise Dominique Rousselet, directeur du site toulousain de TAS, mais uniquement grâce à la diversification de nos commandes. » L’ensemble des activités de TAS (télécommunication, observation et sciences, navigation, météorologie, environnement) est en effet concerné par les commandes de 2011. «Si nous étions restés centrés sur les télécoms, l’année aurait été bien plus difficile », appuie Dominique Rousselet. D’autant que ce secteur a connu de nombreux soubresauts en 2011 en raison à la fois de l’émergence de nouvelles technologies mais également de l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché. Sans parler de la pression euro - dollar, « terrible, frémit Dominique Rousselet, quand l’euro atteint en moyenne 1,4 ou 1,43 dollar et que vous achetez en euros mais vendez en dollars ». Le groupe devrait toutefois réaliser un chiffre d’affaires stable autour des 2 milliards de dollars (le chiffre d’affaires groupe n’a pas encore été consolidé en raison de commandes enregistrées en fin d’année, il ne nous a donc pas été fourni). La part de l’activité télécoms représente désormais 53% contre 47% pour l’institutionnel. Parmi les contrats ou réalisations de 2011, on retiendra notamment une série de quatre charges utiles pour la Russie (AM8, AT1, AT2, Kazsat3), l’ajout de quatre satellites au contrat de la constellation O3b, un contrat signé en toute fin d’année pour un satellite destiné au Turkménistan et, sur le plan institutionnel, la signature des contrats d’extension d’Egnos, le ground mission segment de Galileo et des équipements pour les satellites Galileo. Au total, Thales Alenia Space a été impliquée en 2011 dans une quinzaine de lancements concernant 27 satellites (certains étant envoyés de manière groupée). Un nombre de lancements qui devrait rester stable en 2012.
Ces résultats 2011 « relativement satisfaisants », aux dires de Dominique Rousselet, permettent à TAS de voir venir 2012 avec une certaine sérénité, même si l’année qui débute devrait être « une année de transition ». Changements de gouvernements dans plusieurs pays, endettement croissant des États, émergence de nouveaux opérateurs et concurrence commerciale renforcée, expliquent en grande partie la prudence de TAS concernant ses perspectives 2012. «À Toulouse, nous étions dans les clous fin 2011 en matière de charge de travail et je n’ai pas d’inquiétude pour ce début d’année. Si nous avons une année normale en terme de commandes, nous ne devrions pas rencontrer de problèmes. Nous devons évidemment continuer le travail de commercialisation », analyse Dominique Rousselet. Pour 2012, Thales Alenia Space espère notamment la contractualisation totale du programme Météosat de 3e génération dont les retombées sur les sites de Toulouse et de Cannes sont relativement importantes, ainsi que la suite du programme Cosmo-SkyMed (Constellation of small satellites for the mediterranean basin observation - constellation de petits satellites pour l'observation du bassin méditerranéen). La livraison de Galileo IOV est quant à elle prévue pour le deuxième trimestre de 2012. Les deux prochains segments de Galileo seront, eux, livrés dans le courant du troisième trimestre. Thales Alenia Space attend par ailleurs avec impatience l’exécution du Plan d’investissements d’avenir annoncé par le gouvernement français qui prévoit un soutien aux industries exportatrices. Deux volets concernent tout particulièrement TAS, sur les satellites à haut débit et sur les satellites du futur (codéveloppés avec Astrium). « Nous espérons qu’il n’y aura pas de blocage administratif. Le but, c’est d’exécuter ce plan maintenant. Le marché, c’est ici et tout de suite, pas dans 10 ans », prévient Dominique Rousselet.
Au programme également de cette année, des rendez-vous politiques durant lesquels des décisions stratégiques seront prises et notamment, en novembre en Italie, la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA). Petite éclaircie dans le tableau plutôt terne affiché en ce début d’année, la tendance est à la baisse pour le dollar face à l’euro. L’impact concurrentiel est indéniable « immédiat et gratuit » pour TAS. Une bonne nouvelle pour commencer 2012.
Marie Grivot


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